Prosodie Françoise. 33?
Je dis, une sorte Je modulation , parce que c’estune tu ire de plulieurs mouvement, qui ne foncpoint arbitrairement distribués, mais où il doit setrouver de certaines proportions, fans lesquelles cene lèroient que des sons indépendans les uns desautres, &c dont l’assemblage confus ne formeroitrien de flatteur pour l’oreille.
Je donne pour première cause de cette modula-tion , la valeursyllabique des mots, dont une phra-se est composée: c’est-à-dire leurs longues & leursbrèves, non point assemblées fortuitement, maisassorties de manière qu’elles précipitent,ou ralen-tissent la prononciation, au gré de l’oreille.
J'ajoute qu’il faut avoir égard à la qualité desmots. Et par-là je n’entens point ce qui en carac-térise la noblesse,la bassesse,l’énergie,la foiblesse:c’est l’affùire de la Rhétorique. Quant à la Pro-sodie, elle ne les considère que matériellement,&comme des tons, ou éclatans, ou sourds; ou lents,ou rapides; ou rudes,ou doux. Or nous ne créonspas les mors : c’est une nécetïìté de les employertels qu’ils font: & il y auroit même de la bizarre-rie à vouloir en rejettes quelques-uns, fous prétex-te que notre oreille ne s’en accommode pas. Undes plus importans secrets de la Prosodie, c’est detempérer les sons l’un par l’autre. Il n’y a point de. si rude syllabe, qui ne puisse être adoucie; il n’yen a point.de si tòible,qui ne puisse être fortifiée}tout cela dépend des syllabes qui précèdent, ou quisuivent celle dont l’oreille se plaint.
J’ai donné (a) pour dernière cause de l’harmo-nie, Y arrangement des mots. Car, quoique notrsLangue aime un arrangement simple,naturel, & ré-gulier,
(a) Asei numéro solùì» numéros* eritio , sed ix compositimtfit. Orat. L XV.