6 Voyage au Campj’étois: on leur dit que j’étois un Fran-çois qui venoitvoirí’Emir ; cette nou-velle passa de l’un à l'autre jusqu’à fesdomestiques, qui allerent lui en parlerau même instant, comme d'une choseextraordinaire.
Dès que je sus averti que l’Emir de-mandoit à me voir » je me mis en étatde paroître devant lui ; mes valets, ôítrois autres domestiques de l’OfficierTurc, qui voulut bien m’accompagner,marchèrent devant, portant chacun quel-que chose du présent que je devois lui of-frir: en entrant dans fa Tente, nous fîmesune premiere reverer.ee , avant que del’approcher ; il étoit assis, les jambescroisées , à la maniéré des Orientaux,fur un tapis de Turquie, appuie fur uncarreau de velours cramoisi ; il avcitune longue pipe à la bouche, & tandisqu’il rêvoit en fumant, il s’amusoit àdécouper un petit bâton blanc avec Ioncouteau. L’Emir étoit habillé de toileblanche , il avoit une chemise dont lesmanches étoient extraordinairement lar-ges, & si longues qu’ellestraînoient jus-qu’à terre : cette chemise Sc son caleçonde la même toile , étoient ornés d’unebroderie de foie blanche fur toutes les
coû-