zr Voyage ad Camî ■ ,
soit même souvent des injures , parcequ’il étoit comme lui esclave de l’Emir,
Sc beaucoup mieux dans Pesprit de sonMaître: enfin comme ce Prince l’aimoitextrêmement , Sc qu’il n'avoir encorerien pû gagner sur lui depuis qu’il le pres-soit de changer de Religion , il Pen priapour la derniere sois, ajoutant toutes les !caresses, 5c toutes les offres qui auroienc (pû ébranler un homme moins ferme :í’Emir votant que tout cela étoit inutile,feignit de se mettre en colcre, Sc le mena-çadela mort la plus cruelle qu’on puisseinventer ; mais ces menaces ne servirentqu’à fortifier davantage l’esclave dans sarésolution : alors l’Emir le fit attacherpar les mains Sc par les pieds s 8c danscette colere feinte , il le fit circoncire ,l’efclave protestant toujours de ne point 'changer de Religion pour tout ce qu’on 1
lui pourroit faire, ajoutant qu’on pou-voir lui couper le col fi l'on vouloir, Sc 'qu’il soussriroit la mort avec plaisir. ,,Après qu’il fût pansé à la maniéré or- ;dinaire, on le laiíîa quelque temps fans lui j
rien direjufqu’a ce qu’il fût guéri de fa cir- '
concision. L’Emir recommença à le bien ■
traiter croïant qu’il en viendroit mieux jà bout, il lui donna du bien , des che- ■
vaux, .