PREFACE. xj
fêtés. Le Pere Nicolas Godinho Jeíuite Portugais,qui étolt à Rome lorsque ce livre parut, entreprit dele réfuter, & le fit fans le nommer en composantune histoire en Latin toute contraire, qu’il écrivit furles Mémoires des premiers Peres de fa Compagniequi rempliíloient cette Million depuis Tannée 1557*qu’ils y étoient entrés pour la premiere fois.
Depuis le Pere Godinho,le Pere Baltazar Tellezde la même Compagnie en a publié une autre enPortugais beaucoup plus ample & plus estimée. 11déclare qu’il Ta composée fur les Mémoires du PereManuel d’Almeda , du Patriarche Alphonse Mon-dez , 8c du Pere Jerôme Lobo. Quoique cette His-toire íoit très- bonne , j’ai crû que je ferois plaisir auPublic de donner en nôtre langue quelqu’une de cesRelations. J’ai préféré celle du P. Jerôme Lobo,pourdeux raison s,la premiere, parce qu’elle m’a paru plussimple & plus de nôtre goût > la seconde , parce quele Pere Jerôme Lobo parle mieux des Pais par où ilapaisé , 8c que les autres en disent très-peu de cho-ses , 8c que déplus, il a plus voyagé dans TAbiísinie8c vû plus de Provinces.
II retourna aux Indes en 1640 . 8c le Pere Baltha-zar Tellez en parlant de ce zélé Missionnaire dit >qu’il a fait plus de trente-huit mille lieues, qu’il n’ajamais eu d’autre objet que de gagner des âmes àDieu,.que déporter par tout les lumières de l’Evangile, quele monde étoit trop petit pour fa grande ame , quefes travaux surpassent ceux d’Hercule 8c lui appliquece vers du sixième de l’Enéide :
ISsec yero Alcïies tantum telluris obiVit.
Tel donc a été le Pere Jerôme Lobo dont je donnela traduction, e ij