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le premier , puis présente ce même pot au plus considérable de lacompagnie, & ensuite aux autres. La visite & la conversation du-rent autant qu’il y a à boire. Les Abiísms pourroient aussi avoirdu vin ; mais comme ils trouvent qu’il faut trop de soin pour lefaire & pour le conserver, ils aiment mieux s’en passer ,que dese donner tant de peine.
Les pauvres gens ne font pas dans l’Abiísinie beaucoup de dé-pense pour s’habiller ; ils non t qu'u n caleçon, & une grosse toilede coton leur suffit pour se couvrir le reste du corps. Au contrai-re , les gens de qualité, particulièrement ceux qui vont à la Cour,íê ruinent en habits. 11s portent de toutes fortes d’étoffes de foye,& principalement de ces beaux velours de Turquie. Ils aimentles couleurs vives & luisantes ,& leur maniéré de s’habiller ap-proche assez de celle des Turcs, si ce n’est que leurs habits fontbeaucoup plus larges, & que leurs caleçons leur couvrent toutela jambe. Leur robe de dessus est toujours fort garnie d’or & d’ar-gent, parce que l’or est assez commun dans ce pais. Ils ont unfoin particulier de leurs cheveux ; ils les portent longs & cordon-nés i & de peur de les gâter, ils vont la tête nuë , tant qu’ils fontjeunes ; mais quand ils font vieux , ils ont des bonnets rouges &ronds par l’extremité, &. quelquefois aussi des turbans à la Tur-que.
Les femmes s’habillent encore plus magnifiquement que leshommes. Elles portent des robes aussi amples & aussi larges queles habits de Chœur de nos Religieux de S. Bernard. Elles fe coëf-fent en cent maniérés differentes 5 elles ont toutes des pendansd’oreilles , des coliers, & n’épargnent rien pour fe parer & semettre bien. Elles ne sont pas fort retirées ; elles fe visitent lesunes les autres, & ont tant de liberté que les pauvres maris n’enfont pas mieux; cependant il n’y a pas de remede , particulière-ment quand la femme que l’on a épousée est Princesse, ou de laMaison Royale. Du reste les Abissms ne font pas riches en meu-bles , ni en tapisseries ; la vie qu’ils menent ne leur permet pasd’en avoir beaucoup, &le vin , ou pour mieux dire, la biere,est la choie qui leur coûte le plus, & dont ils font obligés de faireprovision. On ne fçait dans l’Abissinie ce que c’est qu’Hôtellerieou Cabaret: un homme peut voïager dans tout cet Empire, fansqu’il lui en coûte seulement un denier. Lorsqu’un voyageur en-
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