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rôles avec lesquelles Jesus-Christ nous a ordonné d’admìnistrer]e Sacrement de Baptême ,ils ne font aucun scrupule de les chan-ger & d’en mettre d’autres à la place ; de sorte qu’on a très-granderaison de douter de la validité de leur Baptême, & de direqu’ilsnefont pas véritablement Chrétiens. Ils donnent quelques noms deSaints qui sont dans le Martyrologe Romain, mais souvent ils eninventent d’autres : j’en rapporterai quelques-uns avec leur expli-cation. Zama la Coca , Vie de la vérité : Zajìlasfc , de la Trinité : Se-bat Loaab , gloire du Pere : Guebrama Nifcx^Kedus , esclave du S.Esprit : Ongulavi, l’Evangeliíle : Tecla Maria , plante de Marie:Mlfa chrijìos , bouche de Christ : *Amde Jésus , colone de Jésus:Mfca Georgis , os de S. Georges : Sena Gabriel y histoire de S. Ga-briel.
C’a été pour ramener au giron de l’Eglise ces Peuples qui enfont séparés depuis tant de siécles, que nous avons entrepris de silongs & de si pénibles volages, que nous avons courus tant demers, traversé tant de déserts, qu’enfin nous avons exposé tant defois nôtre vie , soit en les venant chercher , soit en demeurantavec eux & tâchant de nous accoutumer à leurs moeurs & à leursmaniérés qui sont si differentes des nôtres. Je puis dire que j’ai faitplus de sept mille lieues avant que de pouvoir arriver à nôtre ré-sidence de Maigoga.
Ce Village a pris son nom du bruit que font deux petits ruis-seaux qui coulent au pied d’une éminence ost il est situé. Maidans la langue du Royaume de Tigré où est ce village, signi-fie eau ; &les Abiísins se servent du mot de Goga pour exprimerle bruit que font des eaux qui coulent entre des pierres. Néan-moins ce n’est que depuis peu de tems que ce lieu s’appelle ainsi.On le nommoit auparavant Fremona du nom de S. Frumentius,Apôtre des Abislìns. Ce fut-là que le cruel Empereur Adamas 8e-gued , plus Mahométan que Schifmatique Chrétien, relégua leS. Patriarche André Oviedo & tous ses Compagnons. Ce Princechoisit ce lieu préférablement à d’autres ,parce qu’il est plus éloi-gné de la Cour ; que ces Peuples font pauvres & méprisez , &parlent même une langue fort disserente de celle des personnes dequalité : car ce qu'Adamas Segued apprehendoit le plus, c’étoitque ses Courtisans ne nous écoutassent & ne goûtassent la Doctri-ne que nous venions leur enseigner. Ainsi il voulut nous ôtertout moyen & toute eíperance d’avoir aucune communicationavec fa Cour.