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tir, cette conversion seroit suivie de beaucoup d’autres. Mais aprèsavoir perdu plusieurs jours fans pouvoir seulement l’òbliger à en- 1trer en conférence sur aucun point, nous fîmes ce qu’ordonne Je-sus-Christ ; nous secouâmes la poussière de nos souliers, & allâ-mes à une autre montagne voisine,plus haute & plus peuplée quecelle que nous quittions, II y a trois villages, l un au pied, l’autreau milieu, & le troisième au sommet. Nous ne voulûmes pointnous arrêter aux deux premiers ; nous montâmes d’abord au plushaut de la montagne, parce que c’étoit le village le plus considéra-ble , & où demeurait le Seigneur. Lorsque nous en approchâmes,nous n’entendîmes que des cris & des pleurs de gens qui souf-fraient une extrême violence. Nous nous informâmes de ce quec’étoit, & on nous dit que les habitans de ce village étoient préve-nus que nous étions des Millionnaires du démon , qui venionspour les tenter & les faire changer de Religion; qu’ils prévoyoientqu’il y en aurait quelques-uns dans leur village qui succombe-raient à la tentation & se pervertiraient, & que c’étoit ce qui lesfaisoit pleurer. On ne nous trompoit pas. Nous trouvâmes un af-sés grand village, une Eglise bien bâtie à la maniéré du Païs, maisun peupleferoce& intraitable. Le Seigneur & le Curé furent lesseuls qui nous voulurent recevoir, & il ne nous fut pas possibled’apprivoifer les habitans. Nous fûmes néanmoins aisés heureuxpour en convertir six , ce qui nous fit croire que l’heure pour laconversion de ce Village n’étoit pas encore venue, qu’il falloirremettre cette Mission à un autre tems, & aller à d’autres Villa-ges qui nous appelloient.
Nous fûmes néanmoins très-mal reçûs au premier où nous al-lâmes en sortant de celui-ci j les habitans étoient beaucoup plusméchans que ceux que nous venions de quitter ; & fans le Gou-verneur & le Curé , je crois que nous aurions fini nôtre Martyredans ce lieu là. Quoi que l’un Ôc l’autre fussent Schismatiques, ilsnous reçûrent aíìéz bien ; le Gouverneur même eut foin de nousavertir qu’on en vouloit à nôtre vie i que nous prissions garde ànous,& que sur-toutnous ne sortissions point de nuit. II fut obligémême de nous donner des Gardes, de peur que nous ne fussionsinsultés.
Nous ne demeurâmes pas long-tems dans un lieu où Dieu nevouloir pas si-tôt faire^ntendre fa voix ; nous allâmes porter leslumières de l’Evangile à d’autres qui en étoient plus dignes.
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