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Voyage Historique D'Abissinie / Du R. P. Jerome Lobo ... ; ... Traduit du Portugais, continué & augmenté de plusieurs Dissertations, Lettres & Mémoires. Par M. Le Grand ...
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Catholique ; elle accourut à moi toute éperdue » & criant que jesauvasse son enfant; que si je ne pouvois pas lui conserver la viequ’il pouvoit perdre, je lui en donnaílè uneautrequ’il ne perdroitjamais. II n’y avoir point d’eau près de nous ; j’envoyai mon Va-let en chercher, & lui ordonnai de faire toute la diligence pos-sible. II vint heureusement avant que l’enfant eût rendu les der-niers soupirs.

Après avoir passé beaucoup detems dans ces Missions, je crûsque je devois retourner à nôtre résidence de Fremone, & je résolusde passer par la maison de ce Gentilhomme qui nous avoit si bienreçû , & de qui la femme étoit si opiniâtre. Nous avions damantplus d’efperance de la convertir, que nous venions de réunir à 1E-glise des Villages entiers, dont les habitans paroissoient encoreplus entêtés que cette Dame. Mais en vain Paul plante, en vain A-pollon arrose,si Dieu ne donne l’accroissement. Ni nos discours,nil’exemple d un mari zélé Catholique ne p ment rien fur elle.

Lorsque nous fûmes arrivés à nôtre résidence , nos Supé-rieurs m’ordonnerent de changer mon nom de Lobo qui neplaisoit pas aux Abissins , & d’en prendre un à la maniéré diipais. J’eus assez de peine à me foûmettre, & je remontrai à mesSupérieurs, que ce nom que je portois ne me convenoit quetrop ; mais comme il me fallut obéir, je priai Dieu qu’il vouluten même teins créer en moi un coeur nouveau, & que d’effet &denom je fusse un nouvel homme. J’efperóis avoir le bonheurd’accompagner le Patriarche à la Cour i mais lorsque nous fumeSprêts à partir, je reçûs un ordre du Supérieur de la Mission de de-meurer à Fremone , pour avoir soin de certe Maison, & de tou£les Catholiques qui y demeuroient, & de ceux même qui étoientrépandus dans tout le Royaume de Tigré. Cet emploi n’étoitquetrop grand pour moi. La Maison de Fremone a toujours été trèsconsidérée des Empereurs même qui nous ont le plus persécutés.Sultan Segued qui nous avoit appelles ,lui a donné neuf Terrespour toujours, & chacune de ces T erres auroit pû passer pour unbon & riche Comté. Avec tout cela, nous n’en étions pas plus ànôtre aise , à caule des dépenses que nous étions obligés de fairepour régaler les hôtes qui nous venoient : de plus les terresen ce païs-là rendent peu , à moins qu’on ne les fasse vaîoir foi-même,ce que nous ne pouvions pas faire.

On afferme les terres en Abiíïlnie d une autre maniéré que par