Buch 
Voyage Historique D'Abissinie / Du R. P. Jerome Lobo ... ; ... Traduit du Portugais, continué & augmenté de plusieurs Dissertations, Lettres & Mémoires. Par M. Le Grand ...
JPEG-Download
 

IO 6 RELATION HISTORIQUE

qui ils s’allient tous les jours, par les mariages qu’ils contractentles uns avec les autres. Ces deux peuples font nombreux, feroces& indomptables : le pais est plein de montagnes couvertes de fo-rêts épaisses & impénétrables. Lorsque les Agaus font pressés &qu’ils ne peuvent pas tenir la campagne, ils fe retirent dans descavernes que la nature à creusées dans ces montagnes. II y a deces trous capables de contenir deux ou trois familles nombreu-ses , avec plus de trois ou quatre cens vaches. Il est très-difficilede découvrir ces caches , 2c presque impossible d’en chasser lesAgaus, quand on les a découverts. Cette nation peuple extrê-mement, parce qu’il est permis à chaque homme de prendre au-tant de femmes qu’il a de centaines de vaches, 2c iln’est pas mê-me nécessaire que le nombre de cent vaches , soit absolumentcomplet. A l’Est donc du Royaume de Goiama, & sur le pen-chant d’une montagne dont la descente ne paroît qu’une belle 2cagréable campagne , est cette source du Nil fi cachée j usqu’ànosjours, 2c qu’on a cherchée pendant tant de tems si inutilement.Cette source ou plûtôt ces deux sources,font deux trous de qua-tre palmes de diamètre, chacun à un jet de pierre l’un de l’autre.Un de ces trous n’a qu’onze palmes de profondeur, du moinsnous ne pûmes faire descendre nôtre sonde plus bas ; peut-êtreaussi fût-elle arretée par le grand nombre de racines que nousrencontrâmes, y aïant beaucoup d’arbre s tout autour. Cette sour-ce est un peu plus petite que l’autre , qui est plus bas. Nous son-dâmes aussi celle-ci, 2c quoique nôtre fonde fût de vingt pal-mes , nous ne pûmes trouver le fond ; les gens du pais nous assu-rèrent que personne ne sa encore trouvé. On croit que ces deuxsources ne íònt que les ouvertures d’un grand lac caché fous ter-re , parce que tout autour le fond est toujours humide , Sc si peuferme qu’il en fort des bouillons d’eau, dès que l’on y marche. Ons’en apperçoit encore mieux lorsqu’il a beaucoup plû ; caria terrebaifl'e 2c s’assaisse extrêmement ; je pense même qu’elle ne se sou-tient que par le grand nombre de racines qui s’entrelassent lesunes dans les autres, 2c qui l’empêchent d’enfoncer tout-à-fait rle terrain est ainsi tout au tour de ces fontaines. A la portée d’unefronde, 2c à mi-coste est un bourg ou village par où l'on passepour aller au haut de la montagne de Guix ; c’est ainsi qu'elle s’a-pelle. Lorsque son est sur la cime, on découvre une grande éten-due de païSj qui paroît commeune profonde vallée., 2c cep en-