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Voyage Historique D'Abissinie / Du R. P. Jerome Lobo ... ; ... Traduit du Portugais, continué & augmenté de plusieurs Dissertations, Lettres & Mémoires. Par M. Le Grand ...
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Mais jeus une autre affaire qui pensa me coûter fort cher. Onmavoit volé mon valet & on lavoit laissé à Maçua, pour levendre aux Arabes. II me fit avertir du péril il étoit, je le ré-clamai austi-tôt j fans fçavoir à quoi je mengageois. Le Gouver-neur menvoïa dire que mon valet étoit à moi moïennant soixantepiastres. Je fis réponse que jenavois pas un maravedis pour moi,bien loin davoir 60. piastres pour un valet. II menvoïa dire parun Juif renégat,qui fe mêloit de tonte cette affaire, que jeusse àlui trouver 60 piastres dans une demie heure, ou quil me feroitdonner cent coups de bâton. Je íçavois que ces ordres sont sou-verains & toujours ponctuellement exécutés ; de sorte que jemattendois à recevoir bien-tôt ces coups de bâton que lon ma-voit promis , quand je trouvai des gens charitables qui voulu-rent bien nous prêter cette somme. On nous fit souvent de pa-reilles avanies, qui nous coûterent environ six cens écus.

Le 24. Juin jour de S. Jean, on nous embarqua dans deuxGalères pour Suaquem le Bacha residoit. Sonfrere, qui com-mandoit sous lui à Maçua, nous fit promettre avant que nous par-tissions , que nous ne parlerions jamais des six cens écus quenous lui avions donnés malgré nous. Je fus toujours dans lacompagnie du Patriarche. Nous navions pas grande provision,& le tems n étoit pas trop propre pour la navigation que nousfaisions. Les vivres nous manquèrent bien-tôt, Sc nous fûmeátrop heureux de trouver une Gelveplus petite,mais meilleurevoiliere que la nôtre, & dans laquelle on me fit passer, afin quejallâffe à Suaquem , pour chercher des Chameaux & des vivres.Je nétois pas trop aise de me trouver seul Chrétien entre sixMores ; je craignois quil ny eût parmi eux quelque zélé Pèle-rin de la Meque, qui eût la dévotion de me sacrifier à Mahomet.Jen fus quitte pour la peur ; je fis connoissance & même amitiéavec ces gens, je leur donnai de mes vivres, ils moffrirentdes leurs ; & comme nous nous trouvâmes dans un parage,il y avoir beaucoup dhuîtres & très-grandes, les unes bonnes àmanger, les autres moins raboteuses & fort luisantes par dedans,& ce sont celles ou sont ordinairement les perles, ils me firentpart de leur pêche : mais soit quils samusassent, soit que le ventne fut pas bon, nous arrivâmes après la Gelve que javois quit-tée , & étoient sept de nos confrères. Comme ils arrivèrentles premiers à Suaquem, ils avoient aussi essuïé les premiers ém-is