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r Apeineeut-il achevé de prononcer* <ees dernieres paroles, queles soldats qui étoient au nombre de cent trente, fondent fur lesMissionnaires. Ces saints Confesseurs résolus à tout souffrir pourlà Religion qu’ils étoient venu prêcher, exhortèrent leurs do-mestiques à fe retirer. Le Pere Gafpar Payz, qui n’avoit ni la forceni la volonté de fe défendre, fe couvrit le visage de son mou-choir , s’appuya contre un arbre & fut aussi tôt percé de plusieurscoups ; mais Cofmas Mesquita, Félix Machado , Lucas Rapofo ,Nisso, jeune Abissin ,se mirent en défense, & se battirent avecune adresse Sc une valeur extraordinaires. Nisso gardoitle Calicedu Pere Payz & ne le rendit qu’avec la vie. Cofmas Mefquita suc-combant sous le nombre tomba mort après une assés longue ré-sistance ; Lucas Rapofo lui survécut de quelques heures. Macha-do & le Pere Pereira ne moururent que le lendemain ; le PereBruno Bruni qui avoir été laissé pour mort, fut guéri par les foinsd'une esclave de la Nation des Castres; Dieu le réservant sansdoute à de plus grands travaux, & à un supplice en apparenceplus ignominieux.
Pendant cette cruelle persécution , l’Eglise Jacobite d’Abisifinie souffrit un des plus grands scandales qui y fut jamais arrivé.Un malheureux qui conduifoit des chevaux de Nubie dans la Pro-vince de Narca Sc qui n’étoit pas seulement tonsuré,eut l’impu-dence de prendre le titre d’Abuna d’Abissinie , & d'y aller fairetoutes les fonctions Episcopales. 11 fut reconnu par un Egyptien,il en fut fi irrité qu’il le tua; un tel crime ne pût être caché, Scl’Empereur Basilides , de fa propre autorité, déposa cet Abuna &le relégua dans l’Iste de Dek. Celui qui vint d’Alexandrie pourremplir fa place, ne valoir pas mieux. II amena avec lui femme Scenfans; & toute fa conduite fut si scandaleuse, que dans Tannéemême 1 Empereur le confina fous bonne garde fur un rocher quiparoisseit inaccessible; il envoya aussi-tôt à Alexandrie deman-der un autre Evêque. Le Pere Agatange de Vendôme, Supérieurde la Mission des Capucins en Egypte , fut informé de l’état dé-plorable où. étoit la Religion en Ethiopie;il alla trouver le Pa-triarche d’Alexandrie , Sc le conjura d’avoir pitié des Chrétiens dece Païs-là, de leur donner un Evêque doux Sc humain Sc qui pûtpar fa prudence Sc fa charité appaiser les esprits quin’étoient quetrop échauffés. Le Patriarche promit tout; il écrivit même áuRoy Basilides de traiter les Catholiques Romains avec moins de
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