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Voyage Historique D'Abissinie / Du R. P. Jerome Lobo ... ; ... Traduit du Portugais, continué & augmenté de plusieurs Dissertations, Lettres & Mémoires. Par M. Le Grand ...
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ïuttrès-bien reçu, le Roy envoya deux de ses Officiers fort loinau devant de lui ; il le régala à son arrivée de beaucoup de pre-sens ; il reçût ceux de lEnvoyé ; il en parut content ; il le fit logerdans la maison dAli Zogoier, son premier Ministre, quil avoirfait mourir peu de tems auparavant. Celui qui avoit succédé àAli Zogoier, Sc qui étoit premier Ministre, parut vouloir lier uneamitié étroite avec du Roule;il lalloit voir souvent,s'entrete-noit familièrement avec lui. II lui témoigna même quil avoit emvie de faire le voyage dEthiopie en fa compagnie. Tous les com-mencemens furent très-beaux,& on prétend que le malheur dedu Roule narriva que parce que se reposant un peu trop sur la-mitié du Roy de Sannaar & du premier Ministre, il ne se souciapas beaucoup de ménager les autres Officiers; ce qui les irrita àun point que tous conspirèrent de le ruiner dans lesprit du Royleur Maître & de le perdre. Ils eurent assés de peine à en venirà bout ; mais le Roy ayant remporté une victoire considérable furles Rebelles, on en fit de grandes réjouissances dans la Ville deSannaar. Du Roule crut devoir fe distinguer ; il étala tout ce quilavoit de plus beau & de plus magnifique, particulièrement beau-coup de glaces & de miroirs, ce qui attira chés lui toute la Ville.Les femmes du Roy, qui sortent très-rarement, ne purent résisterà la curiosité de voir cette magnificence ; les miroirs qui multi-plioient les objets,les surprirent plus que tout le reste Elles sima-ginerent que cela ne se pouvoir faire naturellement, & parièrentde lEnvoyé & de sa suite comme d amant de Sorciers & de Magi-ciens pleins de mauvais desseins contre leur Roy. Tout ce specta-cle excita de plus en plus lavidité des Officiers du Roy de San-naar, & peut-être duRoy lui-même; de forte que très peu de joursaprès , il envoya demander trois mille piastres Sevillanes à duRoule : celui-ci les refusa. On fit parler à Macé Drogman de lEn-voyé; on lui representa quun tel refus expofoit lEnvoyé & fa mai-son à un grand danger. On retourna plusieurs fois à la charge, duRoule sopiniâtra à ne rien donner. Enfin le vingt-cinq de No-vembre le Roy lenvoya prendre dans fa maison par trois censhommes qui lamenerent avec toute fa fuite dans la place publi-que, il fut massacré le premier, ses domestiques le furent aprèslui. LEnvoyé souffrit la mort très-constamment, en exhortantessiens à la souffrir comme lui ; leurs corps demeureront exposés, &on remarqua que ni les animaux carnaciers, ni les oiseaux deproie ne les approchèrent pas. Y ij