j 7 4 RELATION HISTORIQUE
» ques d’amitiéde nôtre part, comme il se doit pratiques, nour» ayant envoyé un Ambassadeur - j’ai appris que vous l’avés fait ar-» rêter à Sannaar,& aussi leviommé Murad Siriendequel vous avés» fait mettre aux arrêts,quoi qu’il fut envoyé à cet Ambaíïàdeur de-» nôtre part, & avés ainsi violé le droit des gens, puisque les Am--, bassadeurs desRois doivent être libres daller où ils veulentôc qu’il» estdu devoir de les traiter avec honneur & non pas les retenir &-> les inquiéter ; & on ne doit pas même exiger d’eux aucuns droits» ni rétribution. Nous pourrions vous rendre le réciproque, &si» nous voulions , nous venger de l’infulte que vous avez faite à» l’homme envoyé de nôtre part. Le Nil fuffiroit pour vous pu-» nir, puisque Dieu a mis en nos mains fa source, sa sortie & son» augmentation, & que nous pouvons en disposer pour faire le» mal. Présentement nous vous demandons & vous exhortons à» cesser vos vexations envers nos Envoyés - Sc à ne nous point in-sr quieter, en arrêtant ceux qui viendront vers vous. Ainsi vous les-» laisserés passer Sc continuer leur route fans delai, allant Sc venant» où ils voudront pour leur utilité librement, soit nos sujets, soit» François, Sc tout ce que vous leur ferés fera fait à nous même.
Cette lettre est fans datte.
La suscription estau Pascha , Princes & Seigneurs Commandant enla Ville du grand Caire , que Dieu les favorise de ses bontés
Le crime que Taxlimatiout avoit commis,en arrachant la Cou-ronne & la vie à son pere,le faifoitregarder comme un monstreodieux, son régné fut court & ne fut jamais tranquile; ce Princefinit malheureusement, & fut massacré par ses propres troupes dansletems qu’il fe preparoit à marcher contre le Roy de Sannaar. Te-tilis frere d’Ayasou lui succéda, Sc ne régna que trois ans Sc quel-ques mois. Oustas son premier Ministre, fils d'une de ses soeurs, ferévolta, le chassa de son trône Sc y monta. II n’en jouit pas long-tems, il fut dépossédé par David second fils d Ayasou. Toutes cesrévolutions arrivées en assés peu de tems ne permirent pas auxAbissinsdefe faire justice de l’attentat commis en la personne dedu Roule. Le Consul, qui avoit eu plus départ que personne à laMission de cette Envoyé, chercha tous les moyens de poursuivrela vengeance de sa mort. II assembla tous les Marchands Françoisqui étoient au Caire, il leur raconta de quelle maniéré du Rouleavoit été assassiné par les ordres & sous les yeux du Roy de Sanuaar,il les exhorta à chercher avec lui les moyens des’en ressentir.Tous