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Voyage Historique D'Abissinie / Du R. P. Jerome Lobo ... ; ... Traduit du Portugais, continué & augmenté de plusieurs Dissertations, Lettres & Mémoires. Par M. Le Grand ...
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18a RELATION HISTORIQUE

traies personne na encore pénétré. Ajoutons quon a très peutdouvrages en cette langue,soit manuscrits,soit imprimés.Lexem-ple même deMr.Ludolf, bien loin dengager quelque homme delettres à faire la même étude que lui, est capable de len détourner.En effet qui voudroit paífer toute fa vie à apprendre une languequi nest daucun usage pour le commerce ni pour les sciences ? enquel genre de littérature les Abilfins ont-ils excellé ì quels ouvra-ges ont-ils donnés au public ? les trouve-ton,ces ouvrages ? Mr.Ludolf après avoir fait fa principale étude de la langue des Abikfins , après y avoir donné tout sontems, après avoir tout cequil a trouver en cette langue, nauroit pas été en état décriredix pages de l'histoire dAbistlnie, sil navoit eu celle du Pere Bal-tazar Tellez Jésuite Portugais.

LAbba Grégoire, ce fçavantAbifsin dont il fait un si grand cas,est certainement un fort mauvais guide , & nous ne pouvonsnous empêcher de dire, ou que Mr. Ludolf & lAbba Grégoire nesentendoient paslun lautre, ou que ce dernier étoittrès ignorantdans fa Religion ; que jamais Abiífin un peu instruit na pensé niparlé comme lui. Mais quelque mérité quait eu cet Abiífm , lePatriarche Alphonse Mendés, qui a eu tant de soin de nous con-server le nom de ceux qui lui étoient attachés, ne dit pas un seulmot de celui-ci. Ce silence nest pas une preuve que Grégoire fçûtmieux fa Religion ou quil eut plus de talens quun autre > & lesréponses quil fait à Mr. Ludolf & toute fa conduite demententbeaucoup les louanges quil lui donne.

Au défaut de cet Abiífin , Mr. Ludolf produit un témoin quinest pas dun plus grand poids. Cest Murat Marchand Arménienquia été pour son commerce à Batavia, à la priere de Mr. Lu-dolf on Finterogesut létat présent de l'Abiífinie , & particulière-ment fur ce qui concerne la Religion. Murat plus occupé de sonnegoce , que de toute autre chose, nétoit gueres capable de satis-faire ceux qui linterrogeoient. sils avoient voulu fçavoir la véri-; jai même peine à croire quil leur eût dste,quand il lauroit fçûë.Murat étoit un vieux fourbe , qui trompa les Hollandois en leurfaisant a croire que fur sa parole & sur son crédit ils établiroientun riche commerce dans la Mer rouge, & fur les côtes dA biffmie.Avec de telles assurances, ils enyoyerent des navires dans la Merrouge, & les Hollandois sen retournèrent avec leurs marchandi-ses fans avoir rien vendu ni rien acheté.