£©4 RELATION HISTORIQUE
Lobo j il y a vingt journées de la mer à la source du Nil ; & ostcompte depuis Maçua jusqu’aux Agaus, plus de cent cinquantelieues de Portugal - qui valent bien six cens milles d'Italie. Mêlacorrigé par Saumaise parle à peu près comme Solin. Pausaniasdit que les Grecs & les Ethiopiens, qui ont été au-delà de Syene& de Meroé, rapportent que le Nil entre dans un grand Lac, Scqu’au sortir de ce Lac il traverse toute l’Ethiopie. Tout cela con-vient très-bien à la presqu’Ifle de Goiam. Voisins qui ne ctoit pasque Goiam loir Meroé, dit que la Riviere que les Anciens appel-lent ^éjlaboras, est celle que nous nommons aujourd’hui Mareb,& que la capitale de Meroé est la ville de Baroo ou Baroa, fous leseizième degré 23. minutes Septentrionales , où le Bahr-Nagashfait fa demeure ordinaire. Le voisinage de Siris ou Syene pouroìtfortifier le íentiment de Mr. Voisins , parce que pour aller d’E-gypte à Meroé on passe par Syene, qui en est éloignée d’un peuplus de deux cens lieues communes de France; mais Vossius setrompe, quand il dit que le Mareb se jette dans leTacaze. Le Ma-reb , comme on le remarquera dans la Dissertation suivante, sePline j I. y. P?rd dans les fables * Sc j’aurois plus de penchant à croire que
tujapes est le Mareb , qu'od latentis Jìgnificationem adjicit , dit Pline ;mais si ï^tjlaburas est à la gauche du Nil,comme le marque lemême Pline, il y a assés d’apparence que c’est la Riviere de Me-lecq ; & en ce cas le sentiment du sçavant Pere Hardoûin, qui metl’Isle ou plutôt la Péninsule de Meroé entre la Riviere de MelecqSc le Nil, ieroit plus vrai-semblable que celui de Voisins. Maisles Anciens ont si peu connu cette partie de FEthiopie, ils ontparlé si differemment &siconfuíementde Piste de Meroé , qu’onpeut dire avec autant de raison que c’est le Royaume de Goiam,qu’on le peut nier.
Je ne sçai pourquoi Mr. Ludolf, qui n’a trouvé aucune Cartede l’Abissinie à son gré , pas même celle du Pere Tellez, ne nousdit rien des Agaus , que ce sçavant Jésuite & le Pere Echinard dela même Congrégation , placent avec raison au Nord-Oiiest duRoyaume de Goiam, Le Pere Jerôme Lobo parle même beau-coup de cette Nation, & supposé que Mr. Ludolf ait crû que cePais est du Royaume de Goiam, comme ce sentiment n’est pascelui de son Auteur, il semble qu’ilauroit dû dire les raisons quiPont obligé à s’en écarter.
On ne doit point confondre ces Peuples avec d’autres presque