Buch 
Voyage Historique D'Abissinie / Du R. P. Jerome Lobo ... ; ... Traduit du Portugais, continué & augmenté de plusieurs Dissertations, Lettres & Mémoires. Par M. Le Grand ...
JPEG-Download
 

DABISSINIE. aoy

de même nom, qui demeurent dans les montagnes de Lasta,5cqui se révoltèrent contre le Sultan Segued, & lui firent une ficruelle guerre. Les Agaus dont on parle ici font à la source duNil. Le Christianisme quils professent est mêlé de beaucoup di-dolatrie, & ils ressemblent peu aux autres Abistìns.

II ne faut chercher dans lEthiopie ni tableaux de prix, ni bellesstatues , ni excellons bustes, ni grands & rares morceaux darchi-tecture. II n'y a point de Ville iles maisons ne sont que des caban-nes faites de boue & de paille ; tout ce que nous appelions beauxArts y est entierement ignoré, & on ny trouve quune naturetoute brute.

Ce font des montagnes dune hauteur si excessive, que les Al-pes & lesPirennées qui nous paroissent menacer le Ciel ne fe-roient que de petites collines auprès de Guça, qui nest que com-me la base de Lamalmon ; ces deux montagnes font dans les con-fins des Royaumes de Tigré & de Dambée, &il faut les passerpour aller d'un de ces Royaumes dans lautre.

Lorfquon est arrivé au haut du mont Guça, on trouve unepleine très-agréable, les voyageurs sarrêtent comme pourprendre haleine, &fe disposer à monter Lamalmon ; du haut deces montagnes on découvre tout le Royaume de Tigré, qui estle plus grand de toute lAbissmie i les montagnes de Semen & lesautres qui le traversent & le coupent en tant dendroits, ne pa-roissent que des monceaux de terres.

Le Royaume dAmhara est encore plus montueux ; les Abif-11ns appellent ces rochers escarpés Amba. II y en a plusieurs quonprendroit pour de grandes Villes. On croit, en les regardant mê-me dassés près, voir des murailles, des tours & des bastions.

Cétoit furie sommet stérile dAmbaguexe que les Princes dela famille Royale passoient leur triste vie, & étoient gardés pardes Officiers, qui souvent les traitoient avec beaucoup de dureté& de rigueur.

LePere Baltasar Tellez raconte-dessus une Histoire que jene dois pas oublier. Un de ces Gardes, homme exact & fevere,sapperçût qu un de ces jeunes Princes étoit mieux habillé que lesautres, & quil prenoit beaucoup de foin de son habit. II ne fe con-tenta pas den avertir le Sultan, il déchira cet habit, & menaçale Prince de lui en faire donner un qui ne lui plairoit pas. A quel-que tems de- ce Prince parvint à la Couronne ; il envoya cher-

Cc iij