parler ainsi. La lettre du Roi d’Ethiopie est en sa langue particu-lière ; ôc le sieur Murat m’a assuré n’avoir aucune connoissance dece qu’CÍÍS contient, hors des presens dont il étoit porteur & qui yfont mentionnés. La base des presens des Rois d’Ethiopie a tou-jours été de la civette & des esclaves , n’y ayant rien proprementen Ethiopie qui puisse être envoyé aux Princes des autres Etats, sion en excepte quelques animaux qui ne résistent point aux longsvoyages.
Les Relations que le vieux Murat employé diverses fois d’E-thiopie aux Indes, âgé aujourd’hui de cent trois ans, & qui com-mence à peine à blanchir , oncle de celui-ci ; les Relations, dis-je, qu’il avoir fait au Negus de la puissance étonnante du Roi,me paroissent avoir porté le Negus à ajouter une entiere croïan-ce à ce que j’avois pris la liberté de lui en dire dans la Lettre quej’eus l’honneur de lui écrire, en lui envolant en 1698.1e sieurCharles Poucet, & à ce que le sieur Charles Poucet lui en dit lui-même de bouche 5 & avoir excité en ce Prince un désir de révérerSa Majesté, & d’obtenir en même tems de fa générosité des arti-sans , & des personnes qui polissent ses Etats, où régné aujour-d’hui une maniéré de barbarie. C’est ce que le sieur Murat en adit, en ajoutant qu’à la faveur de ces artisans, s’il plaisoit au Roid’introduire parmi eux en Ethiopie quelques Missionnaires, lui &son oncle employeroient tout le crédit qu’ils avoient auprès duPrince pour en favoriser le dessein. Comme je sis entendre au sieurMurat, que je ne doutois point qu’il ne plût au Roi de lui accor-der la permission de tirer de ses Etats les ouvriers que son Maîtredesireroit ; mais que ce seroit à lui de traiter avec eux de leur ré-compense, laquelle ne pourroitêtre médiocre, passant de Fran-ce , où ils auroient leurs familles & toutes sortes de commodités ,en un pais si éloigné, si différent de mœurs & des maniérés del’Europe, où ils auroient peut-être de la peine à être reçus, d’oùon pourroit les renvoyer incontinent, ou les retenir malgré eux.II me répondit fur le premier point, que véritablement son Maî-tre n’aïant point pensé à cette difficulté, avoir crû que des arti-sans , choisis par le Prince ausquels il les faisoit demander , vou-droient bien íe rapporter de leur récompense & de leur sort à ungrand Roi qui les appelloit ; que cependant si lui Murat n’eûtpoint été dépouillé dans la route, il n’auroit pas laissé , quoi-que n’aïant aucun ordre là-dessus, de traiter avec ces artisans » &