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ces Religieux ; & en effet, cette conduite seroit très - essentielle,si l’on entroit dans le dessein de contenter le Prince.
11 seroit en ce cas nécessaire que les Envolés du Roi fussentchargés d une commission de la part de Sa Majesté vers le Roi deSannaar, parle pais duquel, ainsi que par la Capitale, il seroit in-dispensable de passer. Cette commission n’entraíneroit aucuneaugmentation de dépense ; car au moïen de cinq cens écus deprésent pour le Roi, son Visir & sa Mere, qui sont les trois per-sonnes ausquelles il en faudroít donner , les Envoyés & leur mon-de seroient défrayés dès feutrée de ses Etats, jusqu’à leur sortie ;& on leur fourniroit des voitures, ce qui leur épargneroit beau-coup plus que ces cinq cens écus de présent. Le Roi de Sannaarest un jeune Prince de vingt-deux à vingt-trois ans, aimant fortles Etrangers ; & dans un cas de nécessité ou de malheur du côtéde l’Ethiopie, on auroit chés lui une retraite & une protection.
Lorsque je questionnai le sieur Murat sur les moyens d’assureren Ethiopie les personnes qu’ony envoiroit contre la jalousie desReligieux envers les François, je lui demandai s’il ne seroit pasconvenable qu on cherchât à gagner l’amitié du Patriarche & desprincipaux Religieux, en leur écrivant quelque lettre particuliè-re, ôc en leur envoyant des présents. Comme cela faisoit tort àl’opinion qu’il avoit cherché à me donner de l’autorité de sonRoi, il me répondit que cela n’étoit pas nécessaire, ôc qu’il suffi.-soit de gagner l’amitié du Roi qui étoit tout-puissant ; cependant lesieur Poncer m’a dit que le Negus avoit fait la démarche, vou-lant le conserver auprès de lui, de l’envoyer vers le Patriarcheavec des presens, pour s”insinuer dans ses bonnes grâces : tant ilest vrai que le Negus est lui-même obligé de ménager un Patriar-che. Mon sentiment seroit que ces Envoyés fussent chargés d’unelettre du Roi au Patriarche Ôc aux Religieux, avec quelques" petitsprésents distribuables, selon que ces Envoyés l’estimeroient à pro-pos, sauf à eux à ne point rendre la lettre s’ils ne l’estimoient né-cessaire. Quant aux présents, tant pour le Roi d’Ethiopie que pourcelui de Sannaar, le Patriarche ôc même le sieur Murat, si on ju-ge à propos d’en faire ; il ne doit y avoir aucune piece de valeur,toutes choses communes, aparemment de peu de prix ; quelquesfusils non délicats , garnis d’argent, à deux canons, ou tirant plu-sieurs coups , quelques montres à boëtes d’argent; l’argentestplus estimé à proportion que l’or en ces quartiers-là ; des bijoux.
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