4 io RELATION HISTORIQUE
des miroirs qui rendent un visage difforme, ou qui le grossissent «l’excès, des boëtes à faire voir les Maisons Royales, Sc les prin-cipales vues de France qui devroient être illuminées, des Portraitsde toute la Famille Royalle,avec des couleurs frappantes ; il feroitnécessaire que le Roi y fut peint avec une couronne j selon la cou-tume de ce pais ; divers tableaux grossiers Sc de vil prix pour lePatriarche Sc les Eglises. On pourroitles envoyer fans quadre » oules envoyer bien démontés, afin qu ils ne tiennent pas de place ;mais j’estime qu'i! fuffiroit qu’il y en eut aux portraits de laMaifonRoyale, & à quelques-uns des autres pour le Roi Sc les Eglises.Le íìeur Murat m’a fait entendre que le Roi son Maître desiroitquelques écosses que lapluyene pénétré point,pour s’en faire unecouple d’habits. Le sieur Charles Poncer lui a fait entendre qu’ily en avoir de cette sorte en France. On pourroit les lui envoyeren pieces,ou lui en faire faire fur le modellede celui que j’ai consi-gné au sieur de Monthenaut, en leur donnant un peu plus de lon-gueur; car c’est la taille de leur manteaux , ainsi que je le fçaid’ailleurs ; on pourroit y ajouter au bas de la frange d’or ou d ar-gent, des aiguilles, des épingles, des ciseaux, de petits miroirsgarnis d’argent,des pierres fausses de couleurs, de toutes les sortes,montées en anneaux, en pendant d’oreilles, & non montées, desbracelets d’ambre jaune, de corail, & de cette belle verrerie qu’onfait aujourd hui mieux en France qu à Venise, des tasses & autresbagatelles de verre travaillées en couleurs & façonnées ; touteschoses enfin apparentes & qui frappent les yeux. Un rien est capa-bre de contenter ce Prince & de l’amufer, Sc c’est le nombre deschoses principalement qu’il faut rechercher dans ce qui leur feraprésenté. II fera bon qu’il y ait diverses lunettes d’approche d unpetit prix, dont chacune suffira pour un présent considérable auxpersonnes de la Cour de ces Princes,avec quelques-unes plus bel-les pour eux.
Ceux qui feront chargés des lettres Sc des presens du Roi pourle Negus,devroient avoir ordre de ne les remettre qu’à lui-même;car il y a des exemples que des Envoyés des Anglois Sc des Hol-landois vers ce Prince, ayant eu la facilité de se laisser persuaderde remettre les presens, Sc de les faire preceder, n’ont point étéadmis dans ses Etats. Je crois même qu’il feroit à propos qu’ilsmenassent avec eux un Turc de confiance que je trouverai, afinque dans un besoin il pût dire que tout lui appartient, Sc qu’on ne