!|i 6 RELATION HISTORIQUE
pratiquer selon la coutume, qui est: que l’Interprete se tient de-bout, & vis-à-vis des personnes qui se parlent. Le complimentqu’il fit de la part de Mrs les Députez fut tel que l’Ambassadeur neconnut pas même qui étoient ceux qui le saluoient, ni de la partde qui ils étoient venus ; tellement qu’il crut qu’on se moquoit delui jd’autantplus que le même Drogman se leva d’abord qu’il eûtdébité son méchant compliment, se joignit à ces Messieurs quiétoient venus le complimenter, discourant avec eux ôc tournantle dos à l’Ambassadeur.
1 7° Ce qui fit croire à T Ambassadeur qu’on se moquoit de lui, &qu’on le méprisoit.
18° II fut confirmé dans ce soupçon,Iorsqu’il vit que Mr. le Con-sul ne le vint point saluer ; qu’au contraire il lui envoyoit des gensincessamment pour l’avertir que son devoir étoit de rendre le pre-mier la vifite au Consul, de lui manifester ses Commissions, dechercher son amitié pour faire réussir sa mission en France, enfinque Mr. le Consul ne fourniroit rien pour sa dépense ni pour íàmaison.
i9°L’ Ambassadeur lui fit répondre par les mêmes personnes qu’iln’ignoroit pas son devoir & que Mr. le Consul devoir aussi sçavoirle sien ; que pour ce qui est des dépenses, il ne les avoir pas de-mandées ni fait demander à Mr. le Consul, & qu’il n’étoit pas ve-nu en Egypte pour gueuser.
20°Mais il fit avertir le Consul par le sieur laCombe,qu’il souhai-teroit voir Mr. le Consul, & qu’il avoir des choses à lui dire ensecret.
ai°Cependant il envoya saluer Mr. le Consul par le sieur CharlesPoucet, accompagné de ses deux domestiques, pour répondreaux honnêtetés que Mr. le Consul lui avoir fait rendre par les Dé-putés.
22°Ce fut dans cette visite que Mr.leConsul prit lui-même la pa-role,pour donner plusieurs avis au sieur Murat de faire voir auCon-sul, comme Officier du Roi, ses commissions , ses pouvoirs, &de la maniéré de conférer ensemble ; 6c il fit donner ces mêmesavis en écrit pour être rendu au sieur Murat.
2 3°Celui-ci ayant entendu le contenu du papier en fut choqué àl’excès,& lui fit cette réponse, qu’il étoit venu au Caire pour al-ler vers le Roi, < 5 c qu’il n’avoit point ordre de porter la parole quele Roi son Maître lui avoir confiée à autre qu’à fa Majesté Très-Çhrétienne. 24°. Mr.