^16 RELATION HISTORIQUE
été infectée de l’héresie durant ce tems-là, tant parle voisinage dela Nubie, que parce que tous les Chrétiens de la haute Egyptel’avoient été pareillement.
Cet attachement a toujours été si grand, que durant tout letems que les Jésuites y furent, quoiqu’iís eussent un Patriarche quiétoit de leur Compagnie, qu’ils eussent la faveur du Roi, & desprincipales personnes de la Cour , ils ne peûrent les réduire par-faitement à l’Eglise Catholique. La guerre civile s’alluma, & enfinils furent chassés, fans que depuis, ni eux , ni d’autres Missionnai-res y aient pû rentrer. 11 ne paroît pas par le contenu de la Lettre,que les dispositions soient changées par rapport à la Religion. 11faut fçavoir la langue du pais, Ôc cette langue íçavante qu’ils ap-pellent C hé ex, dans laquelle la Lettre est écrite, & qui est celle deleurs livres Les Jésuites qui y allerent les premiers s’y rendirenttrès-habiles ; & cependant ils y firent très-peu de fruit. II y a deprodigieux abus à combattre, entr’autres celui de la pluralité desfemmes, que les Patriarches d’Alexandrie ont essaie plusieursfois de fuprimer, jusqu'à laisser durant plusieurs années le pais fansPatriarche, & ils n’y ont pû réussir. Celui de la Circoncision » duSabbat, de plusieurs observations légales tirées des Juifs ne fontpas moins enracinées,surtout la répétition du Baptême tous les ans.Car l’Auteur fe trompe quand il la-décrit comme une cérémonieindifférente, seulement en mémoire du Baptême de Jesus-Christ.Alvarez , qui la décrit très-exactement, donne assez à entendrequ’elle ne peut être excusée ni tolerée : & depuis son tems lesEthiopiens y font encore plus attachés, Car les Jésuites aïant crûbien faire de publier un Jubilé, par lequel ils annonçoient la ré-mission entiere de toutes fortes de péchés, avec de très-legeres pé-nitences, le Métropolitain ou Patriarche venu d’Alexandrie, quiexcita la sédition & la guerre civile , publia quand ils furentchassés un Baptême général , comme le rapporte le P. Tel-* Et avant le Z. *
Tell. z, le Pa-triarche Al-phonse Men-iez.
11 est donc bien difficile d’eíperer que trois ou quatre Mission-naires,qui de plusieurs années nepourroient acquérir la capacité,l’antorité, ni les habitudes qu’avoient les premiers, y puissent ré-tablir la Religion Catholique.
II leur faut des pouvoirs de Rome, où on a d’autres vues, &peut-être des avis plus certains fur ce qu'on peut faire dans cetteMission.