Un nommé Charles Poncet, François, avanturier, grand par-leur , & grand ivrogne, que Mr. de Marlot prédécesseur de Mr. deMailletau Consulat du Caire, avoir fait embarquer comme unhomme vagabond & sans aveu, qui ne pouvoir du moins quecauser de la honte & de la dépeníè à la Nation, étoit revenu auCaire avec un huguenot nommé Juveni, & quelques remedeschimiques, à l’aide desquels ils élevèrent une petite boutiqued’Apotiquaire, qui les fit subsister peu de tems ensemble. CeCharles Poncet fût le Médecin que Mr. de Maillet envoïa en Ethio-pie , avec d’amples instructions, dont la fit\ étoit de disposer lesMinistres de la Cour d’Ethiopie à insinuer au Roi leur Maîtred’envoïer un Ambassadeur en France.
Pour lui faciliter cette négociation, Mr. de Maillet fit faire parun Surien nommé Ibrahim , plusieurs Lettres en Arabe pour leRoi d’Ethiopie, & pour quelques Grands de fa Cour ; ce qui fûtdécouvert fortuitement par le même Ibrahim, qui après avoir faitces Lettres, aïant eu ordre de M. de Maillet de les montrer au P.François, les porta au P. François Salem Reformé qu'il connoisssoit, au lieu de les porter au P. François Capucin, auquel Mr.de Maillet les vouloir faire voir, pour sçavoir si elles étoient bientraduites ; fur quoi Mr. de Maillet, chagrin de cette méprise, en-voïa son Chancelier au P. François Salem, pour lui recommander,fous peine de son indignation, un profond secret là-dessus, &chassa honteusement Ibrahim de sa maison.
Les RR. PP. Jésuites aïant obtenu peu de tems auparavantde la Cour de Rome la permission d'envoïer des Missionnairesde leur Compagnie en Ethiopie, Mr. de Maillet proposa à undeux, nommé le P. de Brevedent qui étoit alors au Caire, dese travestir, & de se joindre comme domestique à Charles Poncetpour faire ce voïage ; ce que ce bon Pere, plein de zele pour laReligion, accepta avec joie , dans l’esperánce du fruit qu’il auroitproduit, si la mort ne l’eût prévenu à une demie journée de Gon*dar, ville capitale d’Ethiopie.
Charles Poncet arrivé traita & guérit- le fils du Roi ; & pendantson séjour à Gondar, fit connoissance avec un Chrétien Caldéen ,nommé Murat, auquel il communiqua le dessein de M. de Maillettouchant l’Ambassade. Ce Murat aïant quelqu’accès auprès duRoi, lui fit entendre que s’il vouloir lui permettre d’envoïer unhomme en France , il en reviendroit chargé de présens conside-
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