434 RELATION HISTORIQUE
Poncet se marier à Ifpaham. Voici comment Mr Pillavoine. Di-recteur de la Compagnie des Indes Orientalles à Suratte, parlede ces deax personnages dans une lettre qu’il a écrite à Mr. deMaillet le 2j. Janvier 1708. que j'aiouverte, parce quelle étoitadressée simplement au Consul du Caire.
» II y a environ trois ans que le sieur Charles Poncet arriva icix venant de Mocca. II nous a entretenu de ses voyages , & parti--> culierement de celui qu’il a fait en Ethiopie. II nous a paru ici-> un grand parleur, & un grand yvrogne. Après quelques mois-> de séjour qu’il a fait à Suratte , il a passé en Perse , à Ifpaham , où-> il s’est marié. Si dans le tems qu’il est venu à Suratte, j’avois été» informé qu’il vous doit de l’argent, il m’auroit été facile de vous» faire rembourser ; car cet homme avoit quelque chose alors.
Et dans un autre article ... « Voilà, Monsieur >ce que ces Mar-=0 chauds Grecs m ont fait dire ; & encore que le nommé Murat» Eben Madelone de Diarbequir ( c’est à dire Murat fils de Made-» ldne deDiarbequir ) étoit mort à Mocca ou à Mafcatte.
Je ne fais ici aucun raisonnement qui tende à critiquer la con-duite de Mr. de Maillet ; on ne peut pas même soupçonner que cesoit mon objet * ne fçachant ce qu’il a écrit, ni quel compte il arendu de cette assure. Je rapporte nuëment ce que j’en ai appris,fans discuter les moyens ni la fin de l’entreprife. Je dirai feule-ment en général, qu’il a paru à bien des gens qu elle ne pouvoitproduire aucun avantage, ni au commerce, ni à la Religion. Ona dû trouver parmi les papiers de Mr. de Gastine un Mémoireentr’autres qu’il a remporté de ce païs-ci ,qui s’explique ainsi furce sujet. «Je ne me fuis jamais donné l’honneur de vous parler» de cette nouvelle invention d’Ambassade, ni des deux Envoyésx qu’elle a produit, le signor Murat &feu Mr. du Roule. Vous au-près appris tout cela plus amplement au Caire; ce font des cho-
* fes que le simple récit découvre & détruit ; l’argent & l’obfcuri-» té les ont soutenus. On ne pouvoit pas en France découvrir desx choses toutes concertées qui venoient de loin... Si laCour avoit
* été bien informée de ces Ambaslàdes Ethiopiennes, nos Fran-x çois n’y feroient pas allé mourir, & l’argent du public n’y auroitx pas été prodigué, C’a été une fcene qui est maintenant finie. La» Cour l’apprendra de vous,Monsieur, & ce qui y a principalx rapport ; j’ajoûterai à ce sujet que,quand il n’y auroit pas de dan-
* ger de la part des Mahométans infidèles, & pais sauvages qu’il