Mr. du Roule depuis ce lieu jusques à Sannaar, & n’être revenu enson pais qu’après avoir vû périr Mr. du Roule & toute fa fuite.
Ce Nubien , interrogé par moi en quatre reprises disserentes »me fit constamment le rapport qui fuit, excepté qu’il varia dansle tems de Tévenement, m’ayant d’abord dit que la chose étoit ar-rivée fur la fin de Novembre 1705. au lieu que je trouvois par sonpropre calcul , qu’il falloit que ce fut à la fin d’Août, ou au com-mencement de Septembre de Tannée derniere.
II me dit que Mr. du Roule arriva à Sannaar vers la fin de Maide la même année 1705. n’ayant pas voulu s’arrêter auprès dttCommandant d’Arbagi, qui fe préparoit dès lors à faire la guerreau Roitelet de Sannaar.
Mr. du Roule,étant arrivé à Sannaar,fut logé par ordre dans unemaison appartenante à Ali Zogaiar ci-devant son Ministre, quece Roitelet avoir fait tuer quelque tems auparavant, quoi qu’ileut à ce Ministre i’obligation de la place qu’il occupoit, Ôc qu’ilfut regardé comme s’ileut été leperede ce Prince: Ôcc’est prin-cipalement cette action de cruauté ôc d’ingratitude.précedée d’uneinfinité d’autres aussi insensées, qui a soulevé contre lui toutes lespersonnes considérables du païs , unies aujourd’hui au Com-mandant d’Arbagi quelles ont recònnu pour leur Roi, ôc qui se-lon tous les avis ne peut pas manquer de chasser bien-tôt entiere-mertt cet extravagant ôc cet y vrogne, auquel il ne reste plus quequelques esclaves noirs.
Après que Mr. du Roule eut été logé en la maison de cet an-cien Visir, fur T amitié Ôc la sagesse duquelsa Grandeur peut voirpar diverses de mes lettres que je cóntois beaucoup, il envoyaau Roitelet de ce lieu des prefens considérables qu’il estima beau-coup,ôc en reçût de son côté de ce Prince, qu’il réitérois même detems à autre. Mr. du Roule en fit aussi à ceux qui approchoient dece Prince, fur tout à son premier Ministre appellé Sid Ah met elKoum , qui faifoit beaucoup d’amitié à Mr. du Roule, ôc qui mê-me vint le visiter.
Quelques jours s’étant écoulés, Mr. du Roule fit demander lapermission de passer en Ethiopie qu’on éluda tantôt fur une raison»puis fur une autre ; de sorte que désespérant d’obtenir cette per-mission sans le secours du Roi d’Ethiopie, il se détermina à luidonner avis de son arrivée à Sannaar, ôc comme il y éroit arrêté *& fit passer cette lettre au Roi d’Ethiopie par un Marchand deson païs. Iii iij