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Ont les mœurs plus corrompues , le naturel plus farouche, plus.inégal, Sc retrouvent animés en particulier contre les Francs, parla domination des Portugais qu’ils ont secouée. II est vrai qu’il y aeu autrefois des Catholiques parmi eux, mais il faudroit d’abordfçavoir quels Catholiques , & s’ils étoient bien tels dans le fond »outre que c’est par cet endroit même qu il fera toujours plus diffi-cile d’y rétablir la Religion contre laquelle ils font prévenus ; &qu’enfin quand cela pourroit être, toutes les apparences font que cene feroit qu’en la même maniéré qu’on l’y introduisit la premierefois, c’est-à-dire en faveur des armes, & quand il plaira à Dieu d’â-mener la conjoncture de ces tems-là.
Comme les Missionnaires Italiens prévoyent que ce qui estarrivé à Mr. du Roule, où il est visible que le Roi d’Ethiopie atrempé, les déportemens de son Commissionnaire Agi Ali enversle Frété Justin, joint aux réflexions qUe l’on fera à Rome fur ledigne voyage de Socotra, ne pourront manquer de donner desimpressions contre une Mission que cette Cour soûtient si inutile-ment & avec tant de dépenses, & que ces Religieux tâchent à pro-longer ; ils commencent à dire ici que si Mr. du Roule n’ést pasentré en Ethiopie, Sc a eu le sort de périr à Sannaar avec les siens ,c’est uniquement fa faute ; qu’il avoir fait un trop grand éclat,qu’il avoir donné de l’ombrage en ce lieu, & favorisé la supersti-tion de ces peuples par des curiosités affectées,par la recherche dessimples de ce Pais,par des miroirs quimultiplioient les objets,les renversaient ou les rendoient difformes, Sc diverses choses dece genre qui les ont fait passer pour magiciens. Qu’il faut allercomme eux simplement, & marcher en Apôtres ; qu’il est cepen-dant fâcheux que Mr. du Roule ait gâté le champ du Seigneur Scune moisson qui promenoir; Sc qu’il faudra laisser évanouir lemalheureux bruit qu’il a fait en ces quartiers-là, avant que de re-commencer aucune tentative, Sc rester cependant en Egypte à feperfectionner dans lesfiangues, & fe rendre plus propre à ce grandouvrage. Je fçais qu’ils ont trouvé fort mauvais que nous ayonschassé tous les Nubiens de nôtre service par une délibération queje joins ici , Sc que nous ne pouvons différer fans déshonneur ,pensons qu’à cause que les leurs sont en ces quartiers, nous leurdevions cet égard de garder auprès de nous ces misérables,quifont d’ailleurs des voleurs achevés,fans songer au refus que mefit le P. Joseph de fe charger d’un petit secours pour Mr. du Rou-
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