468 RELATION HISTORIQUE
Ambassadeur pour tenir nôtre place près de vous. Nous lui avonsdonné le pouvoir de faire toutes nos affaires près de vous en nô-tre place , & près des autres Rois, par tout où besoin sera ; parceque nous lui avons confié tous nos secrets, & qu’il sçait tout ceque nous avons dans le cœur : & s’il arrive qu’ille trouve en quel-que danger , nous lui avons donné pouvoir de charger de nos or-dres un autre; ce qui pourra s’étendre jusqu aux deux ou troisiè-me ; & celui qu’il en aura chargé fera la fonction d’Agent entrenous & vous j & aura le secret des affaires. J’ai voulu 1 honorer dedivers dons, mais il n’y a pas voulu consentir, & m'a dit qu’il n’é-toit pas permis à un Frere Mineur de recevoir aucune chose de cemonde,y ayant renoncé. Nous lavons néanmoins obligé de rece-voir quelque chose pour vous, asm de vous donner des marquesde nôtre gloire, & de l’amour que nous vous portons, Sc il y aconsenti en partie. Nous désirons que vôtre Sainteté ne nous en-voyé d’Etrangers que ceux dont il vous parlera, parce qu’il sçaittout ce qui convient à nôtre Royaume, quelle espece de person-nes, Sc de quelle Nation. 11 n’est pas nécessaire que je vous re-commande de prendre foin de lui, puisqu’il est vôtre fils. II vou-loir faire ici publiquement certaines choses pour le salut des âmes?mais je l’ai empêché d’éclater pour éviter les fuites que cela au-roit pu avoir ; car la propagation de la Foi doit être faite pas à pas& non à la hâte , Dieu même ayant employé six jours à créer lemonde. II a pratiqué pendant le séjour qu’il a fait ici tous les Supé-rieurs des Monastères Sc des Moines, Sc ils ont été contens de lui.Dieu fera tour pour le mieux, lorsqu’il sera de retour ici. Nousn’avons pû écrire toutes choses en nôtre langue pour ne point ex-poser nôtre secret, Sc qu’il n’arrivâtquelque tumulte.
Je me soumets cependant aux pieds de vôtre Sainteté,de mêmeque nos Prédécesseurs s’y font soumis. Sc je souhaite que vous vi-viez dans f Eternité. Amen.
Vôtre bénédiction soit fur nous.
Donné le 28. Janvier 1702 . de la ville de Gondard Cattama , c’est-à-dire , du Tribunal Royal.