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raisonnables & ne gardent aucune me-sure dans ce qui flatte leurs sens. Leséquipages font composés pour l'ordi-naire de matelots des ports que nousavons fur l'Ocean, & de ceux qui vien-nent de la Mediteranée. On appelle lespremiers Ponentois & les seconds Le-vantins. Un Capitaine fort sage & forthabile m’a assuré que sans sçavoir leurpars , il étoit aisé de le deviner , qu'ilne falloït pour cela qu’obi'erver où ilsvont quand ils débarquent. Ceux quel’on voit courir au cabaret font à coupfur Ponentois. Les Levantins au con-traire font plus sobres, mais il$ ont unautre deffaut , ils cherchent des lieuxque je n’oserois nommer ; quand ils n’yauroit que ces deux choses , elles suf-fisent pour les faire tomber dangereu-sement malades); mais elles ne font passeules. Ces gens font obligés d’aller d'ha-bitation en habitation chercher les su-cres & autres marchandises dont leursVaisseaux doivent être chargés. Cesvoyages fe font pendant le jour & dansla plus grande ardeurs du Soleil, il fautqu'ils ayent toujours la rame à la main,exercice violent qui tout seul fufflroitpour les échauffer outre mesure. Dèsqu’ils mettent à terre ils boivent avecavidité & lans discrétion de l’eau froi-de ,