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Memoires De L'Eglise, Ou L'On Voit L'État Présent Du Christianisme, tant en Europe, que dans les autres parties du monde, & toutes les revolutions qui y sont arrivées au sujet de la Religion Catholique / Jean Paul Abbé de la Roque ; Dédié à Monseigneur Francois de Harlay
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LIVRE PREMIER. , 9 __

Japon , sollicita les Evêques François à Siam, dy envoler un t Efer a Hostie & un Calice ; ce qui marque que la Religion J a p o n .sy confervoit toujours , quoi quelle y fut encore persécutée i detEviqu»puisque lon ajoûtoit en même temps, que lon avoit encorefait mourir, peu de temps auparavant, trente Japonois,quictoient Chrétiens.

Les Lettres écrites de Macao Fan 1685. portoient, queles Chrétiens ny étoient plus persécutez, quoique la loi ri-goureuse qui défend Feutrée du Japon à toute sorte dEtran-gers, subsistât toujours. Ce changement est fans doute àcelui qui est arrivé dans le Gouvernement, y aïant un nou-vel Empereur au Japon , qui est dun esprit plus doux queson prédécesseur. Ces Lettres ne marquent pas, silen est lefils : elles nous apprennent seulement la douceur naturellede ce Prince -, quil a déja un fils âgé de quinze áns ; qu ilne fait aucune perquisition des Chrétiens, d£ quils y respirentun peu sous la douceur de son gouvernement.

C Eux du Tonquin ne sont pas traitez , à la vérité , avec Etatla même rigueur, que leurs freres Font été dans le Japon; l'Eglis*mais ils ne jouissent pas aussi de cette heureuse tranquilité, ® AN 18qu'il s goûtèrent dans les premiers temps que cette Eglise °fut établie -, car outre que les Missionnaires font obligezd y être toujours déguisez en habit de Marchands , parcequil ne leur est pas permis de porter lhabit Ecclésiastique,ils ont encore souvent le déplaisir de voir les Chrétiens ex-posez à plusieurs cruelles persécutions.

II sen éleva une assez rude, mais de peu de durée en 1676. LeCiel qui ne vouloir quéprouver ses Fideles, en adoucit bien-tôt la rigueur , & la Providence en tira même un grand avan-tage; car la Religion Chrétienne parut au Gouverneur de laVille Roïale , la persécution commença avec beaucoup defureur, &r à ses Officiers , si noble dans fa foi , &: si saintedans ses mœurs , quils avouèrent quil étoit raisonnable deI embrasser. Ils protestèrent même quils lauroient déja faitfans peine, si le Roi ne leût pas défendu avec tant de sévérité.

Et en effet un des principaux Secretaires du Gouverneur étanttombe malade à lextrémité quelques jours âpres, il ne ba-lança pas un moment à demander le Baptême , Sc il fut assezheureux pour le recevoir.