Buch 
Memoires De L'Eglise, Ou L'On Voit L'État Présent Du Christianisme, tant en Europe, que dans les autres parties du monde, & toutes les revolutions qui y sont arrivées au sujet de la Religion Catholique / Jean Paul Abbé de la Roque ; Dédié à Monseigneur Francois de Harlay
JPEG-Download
 

«.fur

íuj).â Pals,;e$ doì Egli.crfecu-ens foi.lAbfo-omrau.

e mini->re aur-

p 6

ue IonMairesM côtéS avoit2 plusle iraitlombteunal dcannée,.huîfez pen-ne nuitub

: élevez

cènes &Tonqui-ffoilMtemiett!Depuisvec lestres cou*thon d»'nnairô»:ns, f

jutref 01 5uils fl*

LIVRE PREMIER. n

cté divisez lun de lautre. Nous allons décrire la maniérédonc la chose sest passée, parce quelle est peu connue , & Tgn^ihque nous la tenons , aussi bien que roue ce qui regarde cePais, dun célébré Missionnaire, qui a été pendant plusieursannées Vicaire général de lEvêque de Beryte dans la Co-chinchine.

La Race des Gua, qui étoient les anciens Rois du Tonquin,étant comme éteinte il y a environ trois cens ans, le chua,qui fous leur régné étoit le premier Ministre dEtat, chargéseul de toute ladministration des affaires, étoit monté fur leTrône , & fa famille sy étoit toujours depuis maintenue , lors-que celui qui regnoit en 1618. vint à mourir. Ce Prince lais-sa úne Fille mariée, & un Fils qu il déclara son successeurlégitimé. Mais comme il étoit encore fort jeune , il confia laRegence à son Gendre, aprés savoir fait jurer quil remettroitle Ro'iaume au jeune Prince, dés quil seroit en âge de regner.

Le Gendre, devenu maître absolu, ne songea plusquàscconserver dans ce poste, 8 c à se défaire de lheritier légitiméde la Couronne. Ce dessein donna de lhorreur à son Epou-se , qui moins sensible à lambition de regner , quà latendresse ZL à la compassion pour le Prince son frere , lui fitsavoir le sort quon lui préparoit. Pour léviter il se retiradans la Cochinchine avec la plupart des Troupes, à la têtedesquelles il avoit déja gagné quelques victoires fur les enne-mis dc lEtat, èc sy établit en Souverain , aprés en avoir faitmourir le Gouverneur.

Les Tonquinois sétant émus à cette occasion en faveurdu jeune Prince, le Regent chercha tous les mo'iens possi-bles de les appaiscr ; & parce quil avoit de la peine à réduiredes peuples prévenus destime & dinclination pour leur Sou-verain légitimé , il tâcha de leur persuader, que le Princenétoit pas leur véritable maître, & quil navoit pas plus dedroit que lui fur le Ro'iaume. Pour venir à bout de son en-treprise il fit rechercher avec soin sil ne se trouveroit pointquelqu un de la race des anciens Git&. On en découvrit unque la fortune avoit réduit à la condition deTaboureur. II1 envola chercher avec empressement, content de perdre1 Empire, pourvu que son beau-frerc ne le possédât pas, il sedémit du Gouvernement entre les mains du nouveau Roi,

& il ne conserva que la qualité de Chua 3 ou premier Ministre.

B ij