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Memoires De L'Eglise, Ou L'On Voit L'État Présent Du Christianisme, tant en Europe, que dans les autres parties du monde, & toutes les revolutions qui y sont arrivées au sujet de la Religion Catholique / Jean Paul Abbé de la Roque ; Dédié à Monseigneur Francois de Harlay
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x6 MEMOIRES DE V EGLI SE.

-L e Roïaume qu’ils ne cherchoient pas, leur ouvrir son sein r

SlAIA - Us sy ariêterent ; ils y firent des habitudes, ils en apprirent lalangue avec celle des autres Pais ; ils y établirent leur demeurepour aller de-là se répandre dans toutes les autres Nations , celieu étant le plus propre pour faire passer ailleurs les Million-naires, &í pour avoir avec les Européens la correspondance né-cessaire pour les Missions.

La liberté dc Religion accordée à Siam dans la vûë d’y at-tirer les Etrangers, favorisa d’abord ces desseins; mais les fui-tes en auroient été peu considérables , si Dieu n’avoit fait trou-ver à ses Ministres le moïen de gagner la protection & lesbonnes grâces du Roi.

Ce Prince , dont la mort a ruiné de si heureuses es-pérances , écoit inaccessible , SL ne se laissoit jamais voirà ses Peuples : il écoit par-consequent impossible de lui parlerde la Religion Chrétienne, tandis que cet obstacle fubsiste-roit. Pour le lever, l’Evêque de Beryte poussé de ce zelc imgenieux, &£ de cette charité ardente qui animoit toutes sesactions, lia amitié avec un Bonze, à qui le Roi donnoitaudiance tous les jours à cause de l’enjoûment de son esprit.Il sengagea à parler à sa Majesté Siamoise , de la grandeurdu Roi de France , de ses victoires continuelles, de fa pru-dence , de fa modération, &c de ses autres grandes qualitcz.II lui fit reprefenter le libre accés qu’il donne à ses Peuplesauprès de fa personne, aussi-bicn que les autres Princesd’Europe , fans que Sa Majesté en soit pour cela ravilie r& là-dessus aïant obtenu une Lettre du Roi Tnes-Chré-tien , & une autre du Pape, pour mieux réussir dans sondessein , il pressa tant, qu’enfin malgré le Barcalon , ou pre-mier Ministrequi avoir le plus d’interest que de Prince nefe laissât pas approcher, il lui rendit lui-même ces Lettres avecdes cérémonies fort éclatantes, & fit abolir insensiblement undcoutume qui rendoit ce Prince esclave de ses Mandarins, puis-qu’il ne pouvoit rien apprendre que par eux touchant Tétât de.son Roïaume.

Tout le monde a su le dessein que le Roi de Siam forma,ensuite, d’envoïer une Ambassade solemnelle à Sa Sainteté &Cà Sa M qesté Tres-Chrétienne.Quoiqueson interest particuliereût été, peut-être, un des premiers motifs de ce dessein , celane laissa pas d’être fort avantageux à la propagation de la FoL