Maldi-
ves.
CïYLAN.
ì8 MEMOIRES DE L’EGIISE.
vale qui iroit aux Maldives. Son dessein étoit qu’ils travail-lassent à la Conversion de tout le Roïaume, dés que le Roiseroit rétabli ; mais parce qu’il importoit peu à la Couronnede Portugal, que des Istes qui ne produisoient ni or , ni épi-ceries, ni parfums, en fussent Tributaires , les Gouverneursne firent rien pour ce Prince malheureux , qui désespérantde recouvrer jamais ses Etats , épousa une Portugaise , &:mena une vie privée jufqu’à fa mort ; heureux seulement ence que la perte de fa Couronne lui valut le don de la Foi ySc la grâce du Baptême.
X L y a environ cinquante ans qu’un Roi de l'Isse de Ceylanse rendit Chrétien , Sc qu’il fit son possible pour porter toutson peuple à l’imiter. Pour cet effet il assigna aux Jésuites-qui travailloient dans son Roïaume à la Prédication de l’E-vangile, douze des plus gros Villages qui fussent autour deColombo , capitale du Roïaume de ce nom , a fin que du re-venu de tous ces lieux on pût nourrir des enfans du Paisdans des Colleges, Sc quêtant bien instruits ils pussent aprés'instruire les autres. • Cette pensee étoit fort Chrétienne Scfort juste -, car comme il étoit mal aisé que ces Peres pussentapprendre parfaitement la langue du Pais pour prêcher auxpeuples , ils élevoient ainsi des jeunes gens, qui pouvoientdans la fuite leur être extrêmement utiles ; d’autant plus quela jeunesse de Ceylan est d’un esprit fort bon Sc fort vif, Scplus capable des sciences, si l’on en croit les Relations, queles esprits les plus délicats des Européens.
La température de l’air produit peut-être cn eux ces heu-reuses dispositions. Elle y est si grande &si merveilleuse, quequelques bons Religieux ont crû que le Paradis terrestre nepouvoir avoir été qu’en ce Païs-là. Ses montagnes de Cristaltoutes ses forests de Canelle ; ses plaines couvertes d’Oran-gers, d’Ananas, de Planes, de Dates, de Cocos, Sc d’autresfruits délicieux ; fa mer abondante en Perles : en un mot,tout le Pais riche en Rubis , en Saphirs Sc en Emeraudesleur ont fans doute inspiré ce sentiment. Et comme l’on faitservir routes choses à soutenir la prévention où l’on s’est lais-sé une sois engager, ils ont crû bonnement , Sc avancé avecla même franchise , que les vestiges des pieds d’hommesbeaucoup plus grands que le naturelque les gens du Pair
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