Buch 
Memoires De L'Eglise, Ou L'On Voit L'État Présent Du Christianisme, tant en Europe, que dans les autres parties du monde, & toutes les revolutions qui y sont arrivées au sujet de la Religion Catholique / Jean Paul Abbé de la Roque ; Dédié à Monseigneur Francois de Harlay
JPEG-Download
 

LIVRE PREMIER. 45.

stase Synaïtc , ou que ses Disciples, qui la renouvellerent à ^la faveur des Ecries de son Maître Théodore de Mopfuestie, RFeussent portée de Constantinople dans l’Orient ; il est certain f

que de toutes les herefies, c’est celle qui a eu le plus devo- JiEli.pvr.gue, & qui s’est étendue plus loin. ^ h {dJÍ.

La plupart des Chrétiens, qui habitoientla Mésopotamie, I 3 ,ô.». 34 !& un tres-grand nombre de ceux qui demeuroient au deçà^m»^de l’Euphrate, n'en furent pas seulement infectez'; Ce venin Ucr, ‘° r *se répandit encore au delà du Tygre, parmi les peuples, quifaisoient profession de la Loi de Jesus-Chrisï,&ì1s étendit jusques dans les Indes, & jusqu’aux extrémitez del’Asie, où .tous les Chrétiens faisoient gloire d’être Disciplesde Nestorius, qu ils réveroient tous comme un grand Sainr.

Marc Paul Vénitien , qui vivoic dans le treizième siécle,

& qui avoir demeuré long-ternis parmi les Chinois &lesTar-tares, marque dans ses Relations, qu’il avoir trouvé dans cesdeux Etats un grand nombre de Chrétiens , qui faisoient pro-fession de suivre la doctrine de Nestorius. Les Historiens qui Maffêe /.*,décrivent les Conquêtes que les-Portugais firent dans les In-^^des , témoignent la même chose des Chrétiens qu’ils trou-verent à Goa , à Cochin ,'à An ga mal a , à Meliapor , dans -zz».le Ro'iat)me de bengale , en plusieurs autres lieux vers leGange, & enfin dans l’Empire du grand Mogol ; &: ils re-marquent de plus, contre ce qui a été avancé ei-dessus , qu’ilsobeïssoicnt au Patriarche de Babylone de Caldée, auqueirous les Métropolitains & tous les Evêques Nestoriens del’Orient étoient soumis.

II scroit à souhaiter que toutes les réunions que les Nesto-riens ont voulu faire avec l’Eglise Romaine, eussent été ouplus sincères ou plus constantes. Une des plus solennelles fut,lorsque le Patriarche de Babylone envoïa rcconnoitre le Pa-pe Innocent IV. avec presque toutes les autres Societez Chré-tiennes du Levant, si l'on en excepte les Grecs. Les irruptions inno 1. 4 .des Sarrazins qui chassèrent les Chrétiens de tout l’Orient, E P- li f- sfurent cause que cette réunion ne fut pas de longue duréeOn la renouvella dans le Concile de Florence, mais elle ne Tenu t»subsista guere davantage que la tenue de ce Concile. H 3 9 -Ce qui se passa sous le Pape Jules III. fut plus considéra-ble. 11 y avoit en ce tems-là plus de cent ans, que le Pàtriar-chat de Babylone, ou plutôt de Modaïn -, seul reconnu par tous

E iij