LIVRE SECOND. ^ izz
plus grands Benefices que l’Eglise eût en Allemagne, en -—consentant qu’ils demeurassent sécularisez , Sc que les titres L L e *en fussent éteints à leur profit. Parmi ces Benefices fon^AoNs.compte deux Archevêchcz Sc plusieurs Evêchez, autant degrandes Abbaïes immédiates, Sc une infinité de Beneficesmédiats, d’Eglises Collégiales, Chapelles, Hôpitaux, Collè-ges Sc Commanderies des OrdresTeutonique Sc de saint Jean.de Jérusalem.
Le/premier de ces deux Ordres eut même le chagrin devoir que le Marquis Albert de Brandebourg, qui en étoitGrand-Maître , abandonnant les intérêts de son Ordre , Scla Religion qu il setoit obligé , par vœu , de défendre contreles Infidèles, se fit Luthérien, Sc se soumit ensuite à Sigis-mond I, Roi de Pologne, son oncle,auquel il fit hommage pourla Prusse Orientale,qui fut érigée en Principauté seculiere,sousle titre de Prusse Ducale, SC ainsi enlevée à l’OrdreTeutonique.
Innocent X. qui étoit alors fur la Chaire de S. Pierre, pro-testa contre toutes ces entreprises fur l’Eglise &: sur le saintSiège par une Bulle du vingt-six Novembre 1648. On a jugerà propos de la donner ici toute entiere Sc en nôtre Langue, afinque comme elle contient en substance le détail de tous leschangemens qui se sont faits en matière de Religion dans l’Al-lemagne, que nous ne venons de toucher qu’en général, toutle monde puisse voir le notable préjudice que l’Eglise y a souf-fert Sc avec quelle injustice le Luthéranisme y a triomphé dela Religion Catholique..
INNOCENT X. PAPE.
P Ar un zele de la Maison de Dieu,qui meut continuelle- «ment nôtre esprit, Nous nous sommes principalement appli- «quez avec foin à conserver par tout sintegrité de la Foi «Orthodoxe, Sc la dignité Sc fantôme de l’Eglise Catholi-«que, afin que les droits Ecclésiastiques, dont Nous avons»été constituez les Défenseurs par nôtre Seigneur, ne fous- «frent aucun dommage de ceux qui cherchent plutôt leurs «intérêts que ceux de Dieu, Sc que Nous ne soïons pas ac- --eussz de négligence dans fadministration qui nous en a été «confiée , quand nous rendrons raison de nôtre gouverne-»ment au íouverain Juge. Aussi ce n’a été qu’avec un senti-»