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LIVRE SECOND. 147
Grégoire XIII. à prononcer folemnellement contre lui un e EGLl i~sSentence, par laquelle il le décìaroit excommunie , le pri- d’a Le-vant de l’Archevêché de Cologne &: consequemment del’E- MAGN! 'lectorat, avec injonction au Chapitre déliré un autre Arche-vêque Electeur en sa place. L’Empereur Rodolphe qui l'a-voit protégé jusques alors, l’abandonna , soutenant que cetArchevêque Apostat, aïant été trés-justement excommuniépar le Pape, il ne pouvoir s’oppofer à cette Sentence, qui d ail-leurs étoit rres conforme aux Loix de l’Empire ; Et les armesque Gebhard avoir prises pour soutenir son impiété , n’aïantpas eu tout le succez qu’il en attendoit ; aprés plusieurs com-bats , aprés plusieurs Sièges &c aprés mille ravages qui déso-lèrent l’Electorat , ne pouvant plus résister au parti Catholi-que qui le poursuivent vivement, il fut contraint de s’enfuiren Hollande, où il passa le reste de ses jours méprisé , aban-donné de tout le monde , &c n’aïant auprès de foi que cellequi aïant été le sujet de ses crimes , par son amour brutal& sacrilege, Sc ensuite la cause de tous ses malheurs, ne pou-voir plus lui être en l’extremité oú il se trouvoit, qu’un ob-jet de haine essroïable &c un motif de reproche 8 c de remordcontinuel de conscience.
Ce fut en cette occasion que le Chapitre LL le Sénat deCologne s’attirerent une gloire immortelle , par la fermetéinébranlable avec laquelle ils s’opposerent a\jx entreprises del’Electeur , &c des Luthériens qui s’étoient introduits dansleûr Ville ; car ceux-ci aïant présenté Requête au Sénat pourjouir du libre éxercice de la Religion Protestante, non seule-ment elle fut rejettée, mais on sitmême.arrêcer ceux qui l’a-voient signée. Et parce que malgré ce refus les Luthérienseurent l’audace de faire prêcher un Ministre dans un Villageprés de Cologne, le Magistrat fit tirer le canon fur eux, &ensuite par un Edit solemnel, il chassa de Cologne tous lesProtestans qui s’y trouvèrent.
L’Archevêque Gebhard ne fut pas mieux traité. Toutesles recommandations qu’il obtint des Princes Protestans au-près du Sénat &c du Chapitre de Cologne n’curent aucuneffet ; quoi qu’il pût faire par ses Députez &c par l’entre-mife de ces Princes, pour obtenir de l’Empereur qu’il fût per-mis aux Ecclésiastiques de suivre la Confession d’Ausbourg,
«n retenant leurs dignités &: les biens i d’Eglise, on répondit