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Memoires De L'Eglise, Ou L'On Voit L'État Présent Du Christianisme, tant en Europe, que dans les autres parties du monde, & toutes les revolutions qui y sont arrivées au sujet de la Religion Catholique / Jean Paul Abbé de la Roque ; Dédié à Monseigneur Francois de Harlay
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LIVRE SECOND. íy?

sain dans tout son Terroir , excepté dans la Ville d’Ausbourg,qui est; Impériale. II fait fa résidence à Dilingen, ville furieDanube. La Ville d’Ausbourg est partagée eq Catholiques&: en Luthériens. Les uns les autres y exercent librementleur Religion & vivent en concorde. Le Conseil souverainest composé de sept Magistrats, dont les deux premiers fontappeliez Préjìdens de la République. II a été réglé par le Trai-té de Paix de Vvestphalie , que I’un de ces deux Présidcnsseroit toujours Catholique , que des cinq autres Magistratsou Conseillers, il y en auroit trois Catholiques. Pour les Sé-nateurs ils font en nombre égal, Catholiques &c Protcstans.Les démêlez de la Religion ont rendu cette Ville fameuse,par les diverses Dietes qui s’y font tenues.

L’Evêque de ConBance est Prince de l’Empire Sc souverainde même dans son Diocèse , excepté dans Constance , qui estVille Impériale.La Religion Catholique est trés florissante danstoute l’étenduë du Diocèse , qui a vingt-deux Eglises Collé-giales ; quarante-neuf Abba'ies & trois cent Monastères.L’Evêque réside ordinairement à Mersbourg , ou à Peters-haufen, qui est comme le Faux-bourg de Constance.

Le Luthéranisme faillit à être aussi funeste à VAutriche ,qu’au reste de l’Allemagne par la faveur, dont Maximilien II.honora les Luthériens, pendant la vie même de l’EmpereurFerdinand son pere : Aussi eut-il le malheur de fe rendresuspect de ces nouveautez , tant par-là , que par le plaisir qu’ilprenoit d’assister aux Prêches de Sebastien Faufer , fameuxPrédicant Luthérien. Etant parvenu à l’Empire , il tâcha d'é-facer d’abord par une conduite toute contraire , l’opinionqu’on avoir conçcuë de lui 5 mais comme il écoit naturelle-ment bon, obligeant & fort porté à rcconnoître les servicesqu’on lui rendoit, les Luthériens qui connoissoient son foible,setantattachezàlui témoigner beaucoup de~zele de fidélitéen plusieurs rencontres, fur tout dans la guerre, qu’il eut àsoutenir contre les Turcs , il fe relâcha bien-tôt en leur fa-veur , dans la résolution qu’il avoir prise de maintenir in-violablement dans tous fes Etats la Religion Catholique.

Aprés mêm#~les remontrances que lui fit le Pape Pie. V.&: le Roi Philippes II. à la sollicitation de ce saint Pontife ,pour lui representer le tort qu’il faifoit en cela à fa réputa-tion & à l’Eglise, il n’eut pas la force de résister aux Luthe-

E G L I S ED’ A ï- t »-M A e N S.

ann.

1565.

Sfond. adann. 1/64.num. 19 .Istttanff.Hifi. Han-gar. I,*i.

ann.

1 y 6

Gab. Vit.Pii V.