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Memoires De L'Eglise, Ou L'On Voit L'État Présent Du Christianisme, tant en Europe, que dans les autres parties du monde, & toutes les revolutions qui y sont arrivées au sujet de la Religion Catholique / Jean Paul Abbé de la Roque ; Dédié à Monseigneur Francois de Harlay
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France.

1685 .

Polit, daClergé,

3 i 6 MEMOIRES DE L’EGLXSE,

le Vivarez & dans les Sevenes,se confiant en l’assiettc deslieux, qui ont toujours été le centre de leur Religion.

Leurs Ecrivains, qui connoistbient mieux que nous ladisposition &: les sentimens de leur cœur , avoient aussi me-nacé l’Etat d’un pareil désordre, en disant : £ssil étoit impos-sible qu’il ne se trouvât un bon nombre de fous , d'impatients fide dcsefperez ,, qui l’emporteroient sur les Sages pour le nombre, files contraindraient de ft laisser entraîner au torrent : Jsie fi toutsembloit manquer â leur Parti pour faire la guerre , il pounoitnéanmois /’entreprendre , parce que la fureur fait trouver des ar-mes : Jpue fi ou on rìa pas des Villes , on en prend : £>ut fi l'onn’a point d’argent, on en pille : Jfue le désespoir e(l capable d’e-xecuter ce que la valeur n’oserait entreprendre& qu crtfin lorsqu un Etat cache deux millions de Mécontens dans ses entrailles ,fujsent-ils des femmes dr des enfans , il étoit en péril de sentir deterribles mouvemens . Pour prévenir donc tous les troubles quiauroient pu arriver, Sa Majesté envola ses Troupes dans lesProvinces où les Protestans étoient les plus nombreux & lesplus turbulens : Et parce que la dépense incommode qu’a-voient fait pendant leur séjour celles qu’on avoit emploïéespour ranger les Rebelles, donc nous venons de parler, enavoit par hazard lafíc un grand nombre, &: les avoir portezà se faire instruire , & à se rendre Catholiques ; Elle jugea àpropos de leur faire encore supporter cette charge dans leslieux où elle en enverroit pour faire executer ses ordres, puis-que par le droit de Souverain il lui étoit libre de les faire logeroù bon lui sembleroit, sans que pas un de ses Sujets y pûttrouver à redire : Elle ordonna donc qu’on en chargeât leshabitans Huguenots plûtôc que les Catholiques, qui hen ontpas cependant été toujours exemts ; ne doutant pas que ce nefùt-là le mo'ien non seulement de veiller avec plus de seureteà la tranquillité publique ; mais aussi d’ébranler des gens, quipour la plupart paroiffoient moins attachez a leur Religionpar un motif de conscience, que par interest & par des con-sidérations purement humaines.

Avant que d’agir encore plus ouvertement par ces voies,Sa Majesté donna ses foins à réprimer les abus que les Pré-tendus Réformez pouvoient faire des grâces qui leur avoientété accordées par nos Rois : surquoi il y eut au mois de Jan-vier trois Arrcsts de son Conseil d’Etat, que nous ne devonspas omettre.

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