LIVRE TROIS IE’ME. zri
dc peuple qui se rendoit dans son Château pour assister auPrêche.
On a prouvé les faits qui ont servi de fondement à cetArrest, non feulement par l’impuissance des Religionnairesà faire voir par aucuns titres qu'ils eussent eu un lieu àChatillon, ni en propre , ni en loïer, avant Tannée 1615.mais encore par le témoignage même de Théodore de Beze,& par des délibérations tirées de leur Consistoire , qui règlentJe salaire de ceux qui avoient soin de porter &c de reporterles bancs à chaque fois que fe faifoit le Prêche. On Ta con-firmé par des articles de leurs comptes, où il y a des som-mes emploïées pour des réparations, qui ne peuvent conve-nir qu'a u Chœur de Tancienne Eglise Collégiale située dansla Cour du Château ; car ce Chœur n’aïant point été ruinélors des premiers mouvemens, à cause qu’il servoit de sé-pulture aux Seigneurs & Dames de Chatillon, il fut aisé-ment changé en Prêche, Sc on y transféra d’abord l’exer-cice, qui fe faifoit auparavant dans la Salle basse de ceChâteau. Enfin on l’établit incontestablement par les som-mes que ces Seigneurs païoient annuellement pour l’entre-tenement du Ministre, &c par la dépendance où les Reli-gionnaires croient â leur égard touchant l'exercice, qui étoitsi grande qu’ils n’auroient osé y rien changer sans leur per-mission.
A la démolition de ce Temple, qui étoit le seul qui re-stât dans le Diocèse de Sens, on ajoûta par deux Arrests duConseil d’Etat du 19. Février, celle des Temples de Tour-non, Diocèse d’Agen, & de Pouzin en Languedoc.
Sa Majesté renouvella le même mois par une Déclara-tion enregistrée au Parlement, les Edits du mois de Juin16 8 o. du mois de Mars 1 6 8 3. & du 17. Juin ensuivant, parlesquels elle avoir ordonné des peines d’amende honorable,& de bannissement hors du Roïaume, avec confiscation desbiens, pour ceux des Catholiques qui seroient assez malheu-reux pour abandonner la Foi Catholique ; & pour les Mini-stres de la R. P. R. qui les recevroient à en faire profession,& qui les souffriroient dans leurs Temples, de même que lesenfans au-destous de quatorze ans, dont les peres fe seroientconvertis, celles d’interdiétion de leurs Charges, de la dé-molition des Temples, & de Tinterdiction de l’exercice deTome /. S f