LIVRE QUATRIE’ME. 465
n’est-ce pas ouvrir à la vengeance, au vol & à mille autresdésordreg ? x
On en a emploie en quelques endroits du Roïaume pourvaincre l’obstinarion de leurs Freres : Cela est vrai. On la faitpar les raisons que nous avons remarquées dés le commence-ment , savoir parce qu’en premier lieu , les Rois aïant routpouvoir fur nos biens, il dépend absolument d’eux de faireloger leurs troupes ester ceux de leurs Sujets que bonleur semble : En second lieu , pour prévenir les troubles queleurs Ecrivains mêmes &: leurs Apologistes avoient menacéou prédit devoir arriver , quand on interdiroit l’exercice dela R. P„ R. Et en troisième lieu , parce qu'aïant reconnu queceuxqu’on avoir donnez aux Protestans de quelques Villesrebelles pour les punir, les avoient heureusement mis en étatd’écouter les instructions qu’on leur adrestoit , cette expé-rience a dû faire continuer de se servir de ce moïen'pour lesProtestans des autres Provinces, quand même on auroitpuytrouver quelque chose à redire : de même que ce fut parPex-petience du fruit, que produisoit la sévérité des Loix des Em-pereurs , que saint Augustin se rendit là-dessus au sentiment deses Collègues, aprés avoir d’abord résisté à leurs raisons.
Mais quel soin n'a-t'on pas pris de contenir les Soldatsdans le devoir ? Les Intendans, les Officiers qui n’ont jamaisété plus exacts, que sous ce Régné, à faire observer la disci-pline , leur ont-ils permis de tuer, de battre, de piller , debrûler, d’assommer à coups de bâton, comme les libelles desProtestans Pont voulu faire croire ì Ne leí a-t’on pas au con-traire punis scverement, quand on a su quils avoient com-mis quelque action brutale & insolente, & quils étoient sor-tis des bornes de ce que Ton a accoutumé detolerer aux Gensde guerre ?
Que s'il est arrivé, quelque soin que l’on ait pris, qu’il yait eu dans ces logemens de Soldats, quelque chose contrela charité, qu’ils s’en prennent à eux seuls, qui par leurs usur-pations ont -obligé le Roi à les dépouiller de ce dont ils s’é-toient rendus injustement les maîtres, & par leur obstinationPont forcé à avoir recours à ces voies. Ils se plaignent de cequ’on ne s’en est pas tenu à PEdit de Nantes. Ne sont-ils pasles premiers qui Pont violé , puis qu’au lieu de fe contenterdes endroits qu'on leur avoit affignez pour P exercice de leurTome I. Nnn