I
5ll MEMOIRES DE L’E G LI SE.
S’il est vrai, discnc-ils, que ce soit la créance de 1’EgltseRéformée , de fes Pasteurs & de ses Docteurs que l'on puissei Elire son salut dans i’Eglise Romaine, pourquoi est-ce que cesMinistres ne prêchent point publiquement cette vérité dansleurs Temples ?
Ceux qui font ce reproche ou cette plainte , sont pl.ûtoíldignes de compassion que de réponse, Lc font voir qu’ilsn’oncjamais fait,de grands progrez dans les Sciences, & qu’ils nejavenc pas même ce qui se passe dans leur Eglise Romaine.
Dans toutes les Religions, dans toutes les Sectes , danstoutes les Ecoles, ourteles opinions publiques il y a une doc-trine sécrété dont le peuple n'est point capable &: qu’ilnefautjamais prêcher , le vulgaire n aïant point l'esprit assez fort pourla recevoir. La Synagogue avoir des secrets & des Mystèresquelle ne reveloit point au peuple , & qui n’étoient connusque des Prêtres & des Interprètes del’Ecrkure. La ReligionChrétienne n’a pas jugé les Cachecumenes capables de tou-tes les veritez de l’Evangile, &: dans les premiers siécles deTEglise les Pasteurs n’osoient point parler avec liberté devantle Peuple, du Mystère de l’Eucharistie. En ce siécle même lesDocteurs de l'Eglise Romaine qu’elle appelle Casuistes , ontrcr^pli leurs Livres de Maximes qu’ils n'oscnt prêcher, étantcertains que le Peuple les lapideroit s’ils avançoient cn Chasere ce qu’ils avouent dans leurs Ecrits.
Nous répondons-donc que quand les Casuistes de la Papau-té prêcheront ce qu’ils écrivent, alors les Pasteurs -de l’EglifeRéformée diront hautement dans leurs Temples & dans leursPrêches, que l’on peut faire son salut dans l’EgliseRomaine.
Comme cette réponse est pitoïable,ou plucostque c’èstunfaux fuïanr mal conçu ; Sc que tout le monde fait que les Mini-stres n’ont changé là-dessus, queparce que ce sentiment don-noit occasion à plusieurs Huguenots de les quitter pour embras-ser la Religion Catholique , où del’aveu de leurs propres Do-cteurs on peut faire son salut, nous ne nous arrêtons pas à yrépondre, ni à repeter ce que nous avons dit de cet, Ecrit, le-quel a déja produit de fort .bons esters sor l’espritdç toutes lespersonnes à qui on en a donné la lecture. Reprenons aprés celaic dérail de ce qui s’est passé en l’année 1685. tant en francsque dans reste du Monde Chrétien.
Fin du quatrième Livre.