éiS MEMOIRES DE L’EGLÎSE.
mères, dequoi je lui demande pardon, en prefence de toute’hCompagnie : mais j'assure que je ne suis point coupable des crimespour lesquels on vient de me condamner à mort. se reçois pour *tant cette condamnation comme une grâce que Dieu me fait pourla lui offrir de bon cœur en sacrifiée de mes pechez,, desquelsétant lavé au Sang de Nôtre Seigneur sesus-Chrìjl, & diminuezpar les Indulgences du Pape , j’espere en obtenir la r émis on.
Tandis que les choses se paísoient ainsi à Londres, 1cDuc d 'Ormond, Vice-Roi d’Irlande, aïanc appris la nouvellede la prétendue Conspiration que l'on publioit contre la per-sonne du Roi & contre la Religion Protestante, fit arrêterle Sieur Pierre Talbot , qui fut, dit-on , trouvé saisi d’une Bulledu Pape , par laquelle il étoit fait Archevêque de Dublin.
On publia ensuite par ses ordres diverses Proclamationspour prévenir les effets de cette entreprise imaginaire ; en-tre autres une pour désarmer tous les Catholiques du Roïau-me, qui refuseroient de prêter le Serment de Suprématie. Uneautre, par laquelle il étoit enjoint à tous les Ecclésiastiquesqui avoient reçu de la Cour de Rome quelque Dignité ti-tulaire en ce Roiaume-là , d’en sortir incessamment : unetroisième portant défenses à tous les Catholiques, d’en-trer dans le Château de Dublin, ni dans aucun autre Fortou. Citadelle : &s une par laquelle il promettoit dix livressterlin à. celui qui. découvriroit un Officier ou Soldat dansl’Armée du Roi qui auroit quitté la Religion Protestante,pour en embrasser une autre..
Mais pour revenir à ce qui se paísoic dans Londres, lespoursuites y étoient toujours si violentes , que pour un seuljour on arrêta quatre vingt personnes, si bien qu’au com-mencement de Tannée 1679. il y en avoir déja environdeux mille dans les prisons de cette ville. On arrêta parmice grand nombre un nommé Prance , Orfevre, accusé d’avoirpart à la Conspiration , SC d’être Complice de la mort duJuge Godesroi. La faiblesse avec laquelle cet homme avoiioictantôt Sc tantôt nioit fortement , ce dont on Taccusoic,étoit une marque que Ton Tavoit suborné plutôt qu’injuste-ment accusé ; aussi ne fit-on pas d’abord grand état de sesdépositions : Sc Ton avoir d'autant plus lieu de les rejetter,qu'il étoit reconnu pour un parjure , aiant déja par trois foisaccusé de faux ce qu’il avoic autant de fois assuré en fa con-science être véritable.