674 MEMOIRES DE DEG LISE.
- fur permis de sortir hors de ses Etats par la route qu’on leur
M A Y ' preferiroir, & on leur laissa la libre disposition de leurs biens.1686. Quoi-que ces conditions fussent ttes-favorables à la liberté deconscience quils demandoient, ces Protestans refusèrent néan-moins de s’y soumettre. Les Députez des Cantons de Zurich& de Berne qui lès avoient auparavant informez des difficul-tez qu’ils trouvoiencà faire relâcher S A. R. de fes premiersordres , eurent beau leur faire connoître la nécessité où ils é-toient d’obeïr en cette rencontre ; l'efprir de rébellion qui lesanimoit les retint toujours dans leur oílmation : On le verrapar la Lettre même que ces Députez leur écrivirent ; & l'onavouera fans doute âpres cela , qu’ils ne meritoient que troples châtïmens que l'on fut obligé d’cmploïer contre eux.
N OVS avons vûpar celle cjue vous écrivez, en réponse de la nôtre , quevotes avez. beaucoup de peine a vous refoudre d quiner la patrie quivous efì d'autant plus chere que vos ancê.rres l'ont pofficdèe par pluseurssiécles j & défendue valeureusement avec la perte de leur sang : Que vousvous confiez, que Dieu qui les a soutenus plusieurs fois, vous a (ffie-a auffi-,dr que*vous appréhendés me me qu une Déclaration pour la sortie ne soitun piege d vous surprendre Ô" accabler. Nous vous dirons pour réponse quenous convenons avec vous que la loy qui oblige d quitter une chere patrieefl fort dure. Il efl vray que le bras de Dieu qui vous a soutenus dans lesguerres passées , n efl pas encore racourcy : mais faites réflexion qu alorsDieu vous a suscité des voisins qui vous ont secourus d’officiers, d’hommesÓ“ de provisions de guerre & de bouche s que vous aviez des retraites pourvos familles qui vous secouraient ; qu alors vous étiesplus forts en hommes,plus unis parmy vous, au lieu que présentement tous ces avantages vousmanquent■ Un puissant Roy s’efl joint aux forces de vôtre Prince, qui a ou -tre cela Rentrée dans vos vallées pour vous attaquer en dos par plusieursendroits : Les provisions, les Officiers dr l’union vous manquent, & vos0fl mations vous feront abandonner de tous les Princes & Etats Prote flansqui vous conseillent de quitter plutofl que de restfter temerairernent par lesarmes pour devenir criminels d 9 Etat. f^ous ne pouvez pas ejperer que laProvidence divine qui n agit pas miraculeusement comme autrefois parmyles Israélites, veuille faire de vos ennemis ce qu 9 elle fit autrefois de Senna-cherib : Et la parole de Dieu nous apprend que fe jetter dam les dangersfans prévoir humainement aucun moyen d 9 en pouvoir sortir ; c’efl tenterDieu qui laisse périr ceux qui aiment temerairernent le danger : si bien quenous vous prions de ne plus refifler au bien que nous voulons vous procurer,& de ne vous point opiniâtrer par des considérations fi contraires a la pru-dence Chrétienne & â la charité que vous devez à vous-mémes, â vos fem-mes & à vos enfans , & de donner enfin lieu â noflre Conseil pour vousconformer avec les aittres Communiants, & de croire que vôtre prince vous