224 VOYAGE DE LA CHINE,qu’ils ne fçauroient fe passer d’envoyer dctêms en têms dans les Royaumes étrangersune troupe de Marchands fous la conduited’un Ambassadeur , qui outre qu’il les dé-fraye dans tous les Pais ou il va, les affranchitencore de toutes les Doùannes, qui leur en-leveroient une bonne partie de leur gain,* s’ils étoient obligez de les payer à la ri-gueur.
Celuy dont je parle , qui est un Princedes plus considérables de la Moscovie, &une des meilleures Têtes de PEtat, n’auroitpeut-être pas été marri de fe voir débarastéde tout cet attirail de Marchandises, qu’ilprévoyoit assez luy devoir nuire dans la fui-te ; & comme il aimoit l’honneur plus quene fait le commun des Moscovites, il auroitété fort aise de fe voir en état de bien sou-tenir son caractère : Mais Pintérêtdela Courauquel il ne put s’empèeher de sacrifier lesien propre, ne luy permit pas de faire autrechose dans cette occasion que ce qui s etoittoujours pratiqué jusqu alors : de forte qu ilfe vit obligé de fe mettre à la tête de plusieursMarchands , à qui on donna la qualité deGentils-hommes : qualité qu’ils n’avoientpourtant pas de peine à quitter dans toutes les
rencontres