E P I S T R E.
suées s’en réjouissent auffi bien que les campagnes dé l’Uni»vers. ] ’en arnene une de celles-là a vos pieds dans cét Ouvra-ge, pour vous témoigner la joyequ’elleadevos généreusesEntreprises. Elle n’a jamais deu a aucun Ministre d’Estat cequelle vous doit, Lc n'a jamais esperé tant de Richesses, nitant de Gloire, que fous vostre conduite. On reprocha au-tres-fois à la France , le peu de foin qu elle apportoit aux Equi-pes des Armées navailes, à la commodité & seureté de sesHavres, aux Navigations de long cours, & à l’avancementdu Commerce. C’est avec l’admiration de toute Y Europe,qu’elle íé trouve aujourd’huy signalée par vos travaux, qu’el-lesevoitpourveuë de bons Vaisseaux,qu’elle a desPorts as-surés , & qu’elle a des Magazins aussi utiles aux Affaires duNégoce qu’aux appareils de la Guerre.
Ce changement, MONSEIGNEUR, nous mar-que que vostre Cœur est un des meilleurs que l’étude de la Sa-gesse ait jamais formés: que vous avez un Eíprit égalementorand & adroit, fort & délicat, solide & subtil, pénétrant &impénétrable -, & qu’enfin il n’est point d’ardeur plus noble,plus vive, & plus agissante, que celle que vous conservezpour le Salut de la Patrie, & le service de Vostre Souverain.
Mais de plus ,MON SEIGNEUR, ce changementest un effet de la Providence Divine, qui s’interessant dansvos Desseins, fait voir en nos jours des merveilles accom-plies, que les Bons François ont souhaité si long-temps, maisqu’ils n’ont jamais osé esperer, & auíquelles les plus VaillansHommes de Mer n’ont pû arriver depuis deux Siécles, qu’ilsont employé les forces de leur industrie, & fait jouer tous lesressorts de leur puissance, pour se faire reconnêtre les Arbi-tres du Trafic, & les Monarques de l’Ocean.
Sans doute MONSEIGNEUR, c’est ce concert 5tce tempérament merveilleux,aquila France doit attribuer lesactions de grâces, que Sa Majesté' a receuës de toute laCour,& meme des Provinces les plus éloignées,fur le sujet devostre Promotion. Il sembloit que vous fussiez de toutes lesFamilles indifféremment. Iln’y avoit point d’honneste per-sonne, qui ne regardât vostre Elévation, comme une Félicitédomestique,& je puis assurer, fans m’avancer trop,que le
Roy