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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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% l Ambassade de la C. 0\ des Prov. Unies

dans la gourmandise, & dans l impudicité. Je sçais encore que Seneque, & quel-ques autres disent que la plante qui est: souvent transportée de lieu en autre, rare-ment porte des fruits z que la viande embrassée par l'estomach avec peu de loisir nese digéré pas ; que les remedes qu on change perpétuellement l’un fur l'autre nefont que tuer un corps ; 8c que la playe qu on irrite fans cesse, n a garde de se rejoin-dre , non plus ni moins que celui qui voyage aíîìduëment ne devient jamais habilehomme. Mais semblables opinions font à mon avis mal fondées, veu que nous ap-prenons de nos Histoires que la naissance, 8c raffermissement des plus grands Em-pires ne viennent que de la.connoiíïànce qu ils ont ìu desloix, Sc des habitudesdes étrangers. Lycurge méme n ut jamais appris le mestier d’assortir de si bonnesrelies de police ion Estât, s’il n’en ut emprunté quelques-unes de Crete, de T Asie, &de l’AEgypte qu’il avoit visité. Les Grecs*& les Romains mieux avisez que les Spar-tes 8c les Laconiens jugèrent que pour éterniser leur noms, il falloit qu ils parcou-russent les mers, 8c s ouvrissent le chemin des Pais étrangers i SC non de merveillesi ces derniers apportèrent tant de íòin à faire dresser exactement des Itinéraires,

n uisent conduire avec toute assurance les Voyageurs jusques aux dernieres ter-el’Univers.

Heroiote Hérodote, qui nasquit l an 481 . avant la naissance de Jésus Christ, rapporte queLivre s en Necho Roy d Egypte? qui regnoit 6 oy. avant s Incarnation de Christ) désireux d’é-tendre les limites de ion domaine, s’addonnaàla connoissance de la marine, Scqu ayant fait cesser le canal qu il avoit commencé à faire tirer depuis le Nil jusquesau Goiphe Arabique, dépêcha une flotte de Phœniciens, ausquels il commanda derevenir en Egypte par laMerMediterranée. Ces peuples doncayans levé les an-cres de la Mer Australe, 8c V Automne estant venu, prirent terre, labourèrent, 8csemèrent quelque territoires, 8c y séjournèrent juiquesà ce qu ils ûrent recueil-ly du bled suffisamment pour achever leur voyage. Et s’estans remis fur Mer, 8cconsommé deux ans entiers à costoyer la Lybie, arnverent aux Colomnes d’Hercu-le, 8c de là revinrent en Egypte fur la troisième année.

Peu âpres ce méme Autheur dit que les Carthaginois íuivirent la méme piste, 8cqu un certain Sataípes estant condamné à estre crucifié pour avoir ravi l’honneur dela fille de Zóphyrus, ía peine luy fut changée par Xerxes, en une navigation qu illuy ordonna de faire depuis TEgypte par les Colomnes d’Hercule jusques ail seinArabique.

De plus, il nous asseure que Darius ayant envie de fçavoir, où 8c en quelle Merle Fleuve Indus so déchargeoit, enuoyaun certain Scylax avec des personnes, dela fidélité deíquelles il 11 e pouvoit douter, 8c qu’estans devalez par cette riviere, en-trez quils furent en Mer, reconnurent exactement toutes les costes, 8c revirentpar le sein Arabique trente mois âpres leur départ : ce qui aida grandev^nt à Dariusà subjuguer l’Inde, 8c à se rendre le maistre de la Mer.viine en son Pline, qui estoit homme de Mer ) Ge n ^ 1 1 ármée navale, que les Romains

l- 7- cb.^6. av oient à Mifene a troc r<> 1 S n^,^inent remarqué tous ceux qui avoient esté porté,ou trouvé quelque choso utile à la Marine. Cest luy qui nous asseure que les Vaisseaux dont les Anglois se servoient de son temps estoient d’ozieres, couverts decuir ; Que ceux du Nil se faisoient de papier d’Egypte, de joncs 8c de roseaux : Quece fut le RoyErytra qui se servit le premier de radeaux pour traverser la Mer Rougeou bien ceux de Troye, lors quils paíserent l’Heleípont, pour porter leurs armesenThrace: Que Jalon fit le premier les navires longs : Que Damastes trouva in-vention des Galères, deíquelles divers multiplièrent les rames juíques à yo. rangs,bien que les Copes ayent les premiers inventé lusage de la Rame, 8c que les Platesleur donnerentune largeur sortable : Que ce fut Icarus qui trouva lusage des voi-les ; Dedalus les*Masts 8c les Antennes ; les Tyrrheniens l ancre ; Anacharsis les Har-pons ; les Athéniens les mains de fer ; Typhis le Gouvernail, 8c les addresses pourgouverner ï8c que Minos fut le premier qui parut sor Mer avec une Flotte de Vais'seaux armée en guerre.

Il dit encore que sous Auguste on envoya une Flotte qui costoya l’Allemagne 8clesCimbres, &vit, & reconnut cette vaste Mer juíques en Scythie : Que de sontemps on navigeoit en la partie Méridionale de la Mauritanie : QùAlexandre avoitfait reconnoitre la Mer Orientale jusqu au sein Arabique : Que du régné de CajusCésar on trouva dans ce méme sein le débris de quehjues Vaisseaux Eípagnols :

Que

C v f.

Livre z.Ch. 67 .