VERS l’EMPEREUR DE LA CHINE.’
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^ aisés dans les Religions, se sont misérablement perdus, fuivans ce maudit feu vo-yage de leur propre estime. Aucuns craignent par erreur tout ce qu il faut aimer parvertu, 5c ne connoissent preíque Dieu, que pour violer fa clemence par une fausseprésomption de ses rigueurs, comme si c’estoit le Minos > ou le Rhadamante des fa-bles , qui vint prendre ses ébats à nous preparer des supplices, 5c éleuer ses trophées
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en voit aucuns, qui font des Oratoires ou Chapelles domestiques, qu ils rempliíïèntde reliques mandiées de tous costés, de chandeliers, de tableaux, d ornemens, deburettes, 5c d une petite mercerie de beatilles, qui regardent bien souvent la terresous un voile de couleur celeste. Quelques-autres font mestier de suivre des sentiersécartez, 5c de raffiner toutes les autres religions par la subtilité de leíprit : Et âprestout on n y voit que des effigies de rats. des âmes petites, 5c pusillanimes, resserréesdans l’amour de soi-méme, attachées à des petits interesta, 6c goumiandées par uneinfinité de passions tumultuaires, qui joiient leur personnage, pendant que ! espritdort d’un sommeil mystique, 5c d une morte vivante. Combien en voit-on tous lesjours dans les ombrages d une pieté affectée,qui portent tontes les mines d une con-tenance religieuse, comme si avec telle marchandise on achetoit le Paradis ? 5c ce-pendant ils sont tous dénués des vrayes vertus ; 5c qui pourroit donner jusques àleurs coeurs, il trouveroit qu’ils seroient semblables à ces perles, qui pour un corpssolide n ont plus rien que l’écorce. Bref, la pluípart du monde se repaist d un grandnombre d’illusions, courtise souvent un phantôme, pensant tenir la vérité : Laplû-v part pour avoir trop embrassé les autels, les ont renversez, 5c ont rompu 1 Idole deDagon, pour mettre leur propre jugement en sa place. Cest ainsi que Satan a tendupar tout ses piégés devant nos pieds pour nous perdre. Aprés avoir donc plaint l’a-veuglement de ces misérables, nous retournâmes dans nos Vaisseaux.
Le 27. du mois de Mars, nous arrivâmes vers le soir à une certaine place, que les uongley,Chinois appellent Mongley, que l'on decouvre fort bien de loin. On y entrepar une porte tres-bien fortifiée. Elle a ses murailles garnies de bons bastions,5c sor-
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que les eaux se presentent avec tant d’ímpetuosité 5c de roideur.
Au point que le Soleil nous déroboit ses lumières pour les porter en d’autres mon-
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