ii 6 ^Ambassade de la C. 0 R . des Prov. Unies
profitable à l’Univers. Bref, Ton peut trouver encore tout plein de secrets mysté-rieux en cét animal, si vous y employés tant soit peu vostre elprit à la recherche ; Sc
un purs.
Ce Koujagrand \Al~cbímifte ,"Patron desnectsiiteux.
fie lage de l'homme, ou les saisons) ne veulent signifier autre chose, qu’un Dieu, ouun Prince doit par sa prudence, Sc vigilance entretenir les pacifiques dans la paix,Sc les turbulens, Sc íeditieux dans les menaces Hc dans les rigueurs. Cest le symbo-le que les Gephyréens firent porter devant eux, lors qdEumelpe deffit les Athéniens.
Dans le second bâtiment de ce Temple, on void deux larges montées vis à vislune de l’autre : il est encourtiné dîme galerie parsemée des deux côtés de toutesfortes d’Idoles, que ces pauvres Ignorans adorent avec une vénération profonde,Sc un zele plein de feu. Le troisième bâtiment est aussi tout plâtré de semblablesmarotes Sc poupées.
rragon Au costé droit du premier bâtiment je vis un Puits de douze pas en quarrure, ma-dontstépar çonné de pierres artistement taillées, dans. lequel fut jetté un Dragon, qui pariajett'édans cruauté avoit constipé tous les coeurs des habitans de cette Ville, & avoit alarmétous leurs voisins. Ils croyent que le Dompteur de ce Dragon, fut nommé Kouja(qui est le nom du sus-dit Idole) Sc le tiennent avoir esté l un des plus subtils Alchi-mistes de l’Univers, par ce que du plus simple métal il en pouvoir faire de f argent,autant qu il en vouloir. Ils affirment encore qu’il banda tous ses nerfs, Sc employases meilleures pensées au soulagement des pauvres peuples, damant qu il n y avoitpas un plus efficace moyen de gagner les coeurs de tout le monde, qu en adoucis-saut l'aigreur des temps, Sc les charges du passé, On avoit veu (diíoit-il) par expé-rience que ceux qui avoient voulu posseder de l’or fans la bien-veillance des peu-ples , avoient esté tres-mal aíseurés. Il diíoit que les riches ne íònt puiflans que pourfaire du bien, Sc que les médiocres n avoient pas d’autre mesure de la grandeur quelabeneficence. Aussi euffiez-vous dit que ce bon homme estoit tout yeux, toutmains, tout cœur pour secourir les nécessiteux, tant il y apportoit de considération,de vigueur, de diligence, Sc d'assection. Ces façons de proceder le firent tant ai-mer , qu il fut révéré âpres fa mort comme une Divinité, Sc luy dedierent un Tem-ple , pour luy immoler des victimes, Sc damant plus qu’ils sont persuadés, que com-me il avoit esté un homme de prodiges en toute la vie, il termina avec toute fa Farmille fa conversation parmi les hommes par un soudain ravissement sur les nuées duCiel, à guise de ce grand homme de Dieu Elie , qui fut élevé soudainement en unlieu de paix Sc de repos, en récompense de son zele, Sc de fa tres-pure virginité. Etpuis vous voulez, ô Riches, en présence de ce Payen, demeurer encore des petitstygres autant irréconciliables aux amitiés,que resserrez aux œuvres de benificence.Le bel Epitaphe, si on peut mettre ces mots fur vostre tombe, que les Chinois ontdonné à leur I\ouja : Ce que J\oujapojfedoit , cejloit la pojsejjìon de tout le genre hu-main , têt homme avoit le cœur (F les entrailles de la charité méme , & fa maison efloitla boutique inépuisable de libéralité.
11 y avoit encore en ce lieu divers autres édifices d une tres-riche architecture,qui ne portent plus maintenant que les caractères de la manie desTartares. On yvoit encor une tres-belle Tour , ornée de sept balustres, comme vous pouvez re-marquer dans la figure que vous voyez icy jointe.
Le fonds Sc le terroir de tout ce païs est fort fertile ; il fourmille en laboureurs,territoire de q U i cultivent juíques à la moindre parcele, afin que le gros Sc menu bestail yHamkang. trouver dequoy se repaistre. Ils apportent un grand soin à y nourrir des porcs,
Sc méme il y en a un si grand nombre dans cette Ville, qu on se trouve par fois enpeine à y traverser les rués, qui n en demeurent pourtant point sales, parce que leshabitans en amassent à l’envie Sc avec beaucoup d’empreísement les excremens(comme aussi ceux des autres animaux) pour en semer, Sc engraisser leurs cam-pagnes.
Ceux qui considéreront la pompe Sc tous les malheurs de cette Ville de Nanchang }y trouveront deux faces bien differentes ; ils verront un méme peuple chargé defers, Sc de dépouilles, Sc ne douteront point que ses desfaites n ayent esté aussi re-marquables que ses victoires. Les avantures des Rois Tloncon , Couchan , To%o , Te*pin , Tzjn^oum , Sc autres luy coûterent beaucoup de larmes, Sc beaucoup de sang.Mais les Tartares adj#ûterent fa ruine à toutes ses pertes, Sc nesirent quune bou-cherie
son Epitaphe.
fertilité d u
Ses mal-heurs.