iiB l’Ambassade de la C. O*. des Prov. Unies
Austérités Quelques-uns portent des fers au col dune pesanteur inoiiye, pour regarder perpe-inimitabia tuellement la terre, comme indignes de voir le Ciel. Les autres fe roulent dans lesthoreteïdc ronces 5c les efpiiies, qui ensanglantent 5c déchirent leurs membres : Aucuns pre-Queiciwg . nent à pleines mains le feu le premier des Elemens, pour dompter la premiere despassions : les autres éprouvent leur constance dans les flammes dévorantes, dans leschaudières bouillantes, dans le déboîtement de leurs os, dans ^arrachement de leursyeux, dans le fardeau de leurs chaifnes, dans l’aspreté de leurs ciliées, dans la puan-teur de leurs viandes,, dans la sévérité de leurs jeunes, dans la coupeure de leurs’membres, d’où ils laissent couler le sang goûte à goûte, pour eviter im péché queles âmes perfides n estiment que jeu : Et ne croyez pas qu’ils font tout cela par fail-lies d’âmes extasiées, ou emportées de quelque phrenesie, car ils demeurent si con-stans dans ces grandes traverses 5c rigoureux combats, que la plufpart d'entr eux yvieillissent, comme dans des palais de delices, fans jamais démordre de leur résolu-tion. Mais pour qui foussrent-ils tant de fuplices, 5c tant de tourmens ? O'est pourleurs fausses Divinités, c est pour le Diable qui âpres cette vie promet de les éleverà un estât plus glorieux 5c çternel.O de quelles couronnes ne feroient-ils pas dignes,s ils estoient instruits d’endurer tout cela pour l’amour de celuy qui a tant enduré
Í iour nous à l'arbre de la Croix ! Que pourront répondre à ceux-cy tant d ames pu-ìllanimes qui remplissent tous les Cloistres de la Chrestienté ? Que diront ces bigotsqui font parade de leurs cilices 5c chemisettes tiíïuës de crin de bouc, pendant queleurs cœurs, 5c leurs pensées sont plongées au milieu des festins, des danses, 5c desbourdeaux. Quelle honte, quelque vergongne sera-ce pour ces hypocrites qui pa-roissans dans l’Eglife de Dieu comme des singes ou des poupées fur un thrône, n o-sent embrasser la moindre mortification, de peur d’abréger leurs années ? Que di-ront tant de capuchonnés, tant de crocés 5c de mitrés ( je ne touche pas les person-nages de mérités) qui au lieu de se fondre dans les travaux 5c les tourmens de leurscharges, 5 c de leurs vocations, comme l’encens fe fond dans le brasier, abusent dupatrimoine de Dieu, auquel une infinité de bonnes âmes ont contribué leur sang,5 c leur sueur, 5c écorchent, 5c dévorent les troupeaux, qu’ils n ont pas seulement* droit de tondre ? Mais à quoy bon tant m’arrester dans ces Cloistres, 5c ces Eglises
de nostre Chrestienté, puis-que j’y perds 5c ma peine, 5c mon huile, car on y trou-ve aujourd huy tant d’Ixions qui se jettent à travers la fumée, pour caresser la nue,qu’il n y a quasi plus d’amour que pour les fausses Déités.
Parmi les prodiges de la Chine on trouve que la Montagne, qui sert de séjour à cesbraves Hermites (qui y ont autant de cellules qu’il y a de jours en lan) est tousjourscouverte de broiiillars 5c de nuages, au point méme que T air est clair 5c serain detous costés, comme si elle vouloit porter la livrée de T humeur morne 5 c lugubre dec.es Solitaires, ou bien remplir de tenebres 5c de duëil la demeure de ceux qui parleurs effroyables austérités s’estudient de courir au grand galop âpres la mort, pourattraper un repos eternel.
Au Couchant de la Ville de Nanchang l’on void une fontaine nommée des habi-tans Kje?i qui vient de quelques rochers, ou minières inconnuës, dont les eaux resesemblent à des toiles argentines,avec lesquelles elle compose trente petits ruisseaux.C est de ces eaux que les Chinois se servent,lors qu’ils se sentent atteints de quelquesmaladies : peut estre ont-elles quelques qualités semblables à celles de Spa és Ar-dennes , que l’on tient guérir de la fievre tierce, de l’hydropisie, de la gravelle 5 cphtisie, 5c purger l’estoraach, rafraifchir le foye, alléger les douleurs de la Schyati-que, 5c des goûtes chaudes, reveiller l’appétit, 5c par ses merveilleux effets attirerles malades de tous les endroits des Allemagnes, 5c de nos Païs-bas, pour y gousterle remede que la Nature a inventé.
C H A P I T R E XXXII.
Les Ambassadeurs d Hukeu , d Tengce , e5>v. De cpuelques autresViìles de la Trovince de Kiangji.
Les^mbaf- A prés avoir quitté Nanhang , nous arrivâmes le 29 . à la Ville de Hukeu» de-sadeunar- JL pendante de la Capitale de Kieukimw. Elle est située à quarante lieues de lamkm. precedente,lur un détroit du Lac de royang> 5c au ceíté droit de la nviere de Kjœng
qui