diverses
Montagnes.
Qvdngfìn yVille*
KienchangVille .
Y Lichen ,Ville .
ni l Ambassade de la C. 0\ des Prov. Unies
meurans quelques-fois quarante jours St quarante nuits autour de leurs lits fans fedépouiller. Un homme s'est trouvé entr'autres, dont l’indiíposition qui trainoit septans, la puanteur des plaies qui estoient incurables - l’horrible estât des membres,qui
Í >arotíïoient tous défigurés, aíFoibliíîbient tous les courages de ceux qui les vou-oient assister, minoient la patience des plus fidelles, confommoit la roy des pluszélés ; ceux là qui font tout pour argent, avoient horreur d'en approcher : Et ladessus voir une jeune femme, foible de complexion, bien-faite de corps, «Sc douéed une beauté que les plus fleunífans maris uífent désiré, s’attacher à ce corps mou-rant , le mouvoir, le toucher, le nettoyer, luy apprester des bouillons, luy soufflerdes herbes pulvérisées dans les narines, qui distilloient une humeur insupportable àtout le monde, luy faire la barbe, Sc les cheveux ; lors que personne ne vouloirprendre ce hazard : De voir encore une fill q d Espagne lécher tous les jours de íalangue la playe envenimée d Eduard d Angleterre son cher époux ; Ne íont-ce paslà des miracles de ce beau sexe, beaucoup plus dignes du ravissement des hommes,de la louange des histoires, de l'amour de toute la postérité, du sacrifice des ani-maux Sc de l’encens, que le désespoir de cette Chinoise ? Ne lont-ce pas là desprouesses dignes d'estre écrites en lettres dor Sc d azur,pour estre exposées à la veuëde tous les Siécles ? Heureuses mille fois celles, dont la concorde a lié les amours àchaînes d’aimant, fans que jamais le divorce trouve place au nœud du mariage, queDieu a bien daigné nouer de íes mains.
- Non loin de cette Ville l’on void la Montagne àeCìenfoí ur les bords d’un Lac,
■ Sc celle de Macie du costé du Levant. Aux pieds de la petite Ville dTukan l'onvoit celle de Hungyaì , qui borde au Nord-Ouest le Lac de Poyang , Sc celle deXehung,
Qu a n g s i n est la treizième Capitale de la méme Province, située entre deshautes, Sc vastes Montagnes, qui servent de retraites aux brigands, dont les pluscélébrés font Ling , renommée pour le fin cristal Sc les herbes médicinales ; Paofungrecommendable par fa hauteur qui surmonte les nues; Siang célébré pour les beauxBourgs, Sc les riches campagnes qu elle enferme ; Lunghu , non loin de Queikì , quia deux sommets, dont l’un semble vouloir accabler l’autre ; Sc Joxam qui donne l o-rigine à la riviere de Xangjao , qui àyant roulé ses eaux parmi le territoire Sc la Villede Quangfìn , vient fe reposer dans le Lac de Poyang .
, Kienchang qui fait la sixième Capitale de cette Province, fut jadis si consi-dérable , Sc si belle, tant pour l’architécture de ses bâtimens, que pour la fertilité duterroir qui l’entoure, quelle servit de séjour aux Rois de la Lignée de Taminga ,qui y bâtirent un Palais d une magnificence vrayement Royale. On y fait un fortbon breuvage de ris, plus excellent que n’est le vin del’Europe, qu on nommecommunément Macu. Les Chinois tiennent cette boiíïòn en si haut estime, qu iîsappellent le ris dont elle est composée, grain d’argent,Sc la boisson méme le Nectardes Dieux.
Non loin d’icy on découvre les Montagnes de Macu Sc de Chungoa , chargées debien peu d’arbres Sc de verdure, ornées pourtant de quelques Temples aux Idoles ;tant cette Nation se plait à chercher les deserts, Sc les lieux hernies Sc écartés poury cacher ses stupidités.
V u c h e u setiéme Capitale de cette Province, est mouillée des eaux de la ri-vière de Liens an , qui sont les plus estimées de toute la Chine pour faire des clepsy-dres , ou horloges à l’eau. Son territoire orné de montagnes tres-agreables, de rbvieres, Sc de fontaines poissonneuses, de campagnes fertiles en toutes sortes degrains Sc de fruits, Sc méme en oranges, fait que plusieurs grands Héros y ont esta-bli leurs demeures. A FOrient de cette Ville on découvre la montagne dTangkiu ,là où on trouve une étrange statué d’homme, qu'on dit se revestir d’autant decouleurs que Iair emprunte de changemens, semblable à cette grosse fleur quise vire au galop du Soleil, ou plustót à la Chatte dont les paupières croissent Scdécroissent à la cadence de la Lune. On dit qu’on y conserve des oísemensd’hommes, long de douze ou treize coudées, dont la vie a esté de mille années Scplus. Mais il faut mettre cela au rang des fables, puis que la Sainte Eícriture nous.enseigne que pas un des premiers hommes du monde, avec tant d’années, est mon-té jusques à la millième de son âge. La Grece, qui est la mere des fables, a voulutraicter la postérité comme on traite les enfans ; este s’estplû à nous faire peur avec