Buch 
L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
Entstehung
Seite
177
JPEG-Download
 

VERS l’EmPEREUR DE LA CHINE. 177

que nous mîmes au rang des balivernes. Ils tiennent que cette Pointe fut trouvéepassés sept siécles dans le Scpulcre d’un Grand Seigneur, qui avoit rendu de signa-lés services à la Patrie, St perdu la vie en un combat.

La Contrée de cette Ville est basse St platte, mais fort fertile en la production detoutes fortes d’aniinaux privés Sc sauvages, pareillement en toutes fortes d’herbcspotagères, d’arbres, de fruits, Sc de grains, de forte qu'on n’y souffre aucune disettede toutes les choses qui peuvent servir à l'entretien de la vie humaine. Les vers àíôye y filent aussi grande quantité de foye, dont les habitans font un tres-grandtrafic.

Sur les frontières de ce territoire, non loin de Cingcheij, quatrième Ville ^Capitale de cette Province, on trouve une pierre dans l’estomach des Vaches, queles habitans nomment Nieuhoang , c'est à dire jaune, parce que cette pierre est d'or-dinaire de cette couleur : elle n est pas tousjours également grosse, quelquefois elleest bien aussi grosse qu’un œuf d’oye : elle n est pourtant pas si solide que la pierreBe^oar, selon la rapport que nous en firent nos Truchemens, mais elle est plus unie :Neantmoins les Médecins Chinois* en font plus d'estât St méme des meilleures opé-rations. Elle ressemble à un crayon mol, jaune, St aride. On nous assura quelle estd’une qualité froide, Sc tres-propre pour arrester les fluxions Sc catharres, St que sion en jette la poudre dans leau bouillante, quelle les arreste tout incontinent : onnous fit croire encore que si on la mouille d’eau froide, il en fort une vapeur St ex-halaison surprenante. On pourroit s’imaginer que cette pierre est la mesine quecelle que Bellonius dans ses raretés nomme Pierre de Bœuf, ou de Fiel : le mesineAutheur affirme que les Arabes la nomment Haraoj , St la louent fort pour le hautmal. Les bouchers de Turquie , qui surpassent beaucoup en agilité St promptitudeles bouchers des autres nations pour apprester la chair, St en quelques lieux qu’ils setrouvent, âpres avoir passé le couteau dans la gorge du bœuf, Sc en avoir séparé 'les entrailles, ils ont de coutume d’observer le fiel, où ils trouvent fort souvent cet-te pierre, dont les facultés font décrites par Avicenna. Je souhaiterois que nosbouchers fussent advertis d'en faire recherche dans le fiel de nos bœufs, je m'aflurequ entre dix ils en trouveroient deux ou trois. Cette Pierre est encore appeUée dequelques-uns Alcharm , St on dit qu’estant broyée St soufflée dans les narines, elleéguile la veue, Sc empêche les défluxions de tomber dans les yeux. On dit encorequ estant mise dans les narines de la grosseur d’une lentile avec sec de bete, elleempefche les accés epileptiques. Ceux qui l'ont veu, affirment qu elle est de lacouleur de l'ochre, ou de jaune obscur, qui s'engendre de la portion plus crasse, Scplus terrestre de la bile, tout à fait de la méme façon -que la pierre Begoar par descroustes Sc tuniques, qui ^embrassent Sc enveloppent les unes les autres com-me on remarque dans les oignons. Je ne crois pas, Lecteurs, que vous tiendrezcecy pour fable, puis qu’il est tres-certain, Sc que l’experience journalière nous en-seigne , que l’on trouve dans les animaux aquatils, aérés, Sc terrestres, plusieurs sem-blables pierres, comme dans les corps d’un cerf, d’un bouc, d’un porc, d’une chè-vre - d’un bœuf, d’un chevreuil, d’un crapaut, d’un cocq, d’une arondelle, d’unpigeon, d’un brochet, d’une perche > d’une carpe, Sc dans toutes sortes de poissonsà coquille, voire dans l’homme mefme, dont nous parlerons plus amplement ennostre seconde Partie.

L’on découvre dans la petite Ville de Caotang, dependante de la Capitale Mngxe ,de Tungcham , la célébré montagne de Mmgxc, qui signifie pierre résonnante. £1. *»«»**£**•le porte fur son sommet une colomne de bois, qui a cent verges de hauteur, la-quelle au moindre attouchement semble se mettre en colere, Sc ne pouvant parler,rend un effroyable son,semblable à celuy d’un tambour. Je veux Croire que lesTy-gres ne frequantent pas beaucoup cette montagne, puis qu’ils s’irritent si soit oyantce son, qu’ils se déchirent le ventre, Sc se rompent les entrailles de rage Sc dedésespoir.

Nos Truchemens nous dirent aussi que dans la petite Ville d cQuonchìng , de la f\~Lef chmoùriseliction de la Capitale de Tungcham , on y voit un Lac nommé Ho , dans lequel leRoy Guey nourrit autres-fois des Grues avec grand foin. Les habitans, à son exem- des cerfspie, élèvent auísi tres-soigneuíement semblables oyseaux, aussi bien que les Cerfs,espérant,en tenant ses animaux de longue vie dans leurs maisons,de prolonger leursjours, Sc de vivre plusieurs siécles ì ils mettent toute leur félicité à voir la lumière,