í84 L*Ambassade de £a C. O r . des Prov. Unies
som de la Cette Province de Peking, qui entre les quinze Provinces de cét EmpireProvince, rient le premier rang, emprunte son nom de la premiere Ville Capitale ) 5 c Impé-riale nommée Peking , qui signifie Palais Royal du Nord, pour le distinguer deceluy du Midy, nommé Nanktng , dont nous avons parlé cy devant. Ilyadesjalong-temps que les Empereurs de la Chine , tiennent leur Coût dans cette Province,sagran - & principalement ceux qui ont régné depuis p Incarnation de Christ : car les ancien-
deur. nes Eamilles de Leâova , de IQna , d ’lvena , 8 c finalement les Tartares , qui font les
premiers de celle de Taìcìnga , y ont toutes-fait leur demeure.ses imites. Les limites de cette Province font fort éloignées les unes des autres. Elle a vers
TOrient un bras de mer, que Ion voit entye la Péninsule de Corea, 8 c le Japon , qu onnomme vulgairement Xanchaì . Elle regarde au Nord-Est le pais de Ledotung , 6cau Nord cette grande Muraille pour arreíter les courses des Tartares, comme aussicette partie de l’ancienne Tartarie , qui est entre le Defert de Xamo ; Elle a pourlimites au Couchant la Province de Xanfi , dont elle n’est séparée que par les Montsde Heng ; Au'Zud-Ouest elle est bornée du Fleuve Jaune , qui âpres avoir porté feseaux dans la Province de Xanfi > les vient aussi distribuer à celle-cy 6c à celle de Ho-nan. Elle avoisine au Midy 6c au Zud-Est la Province de Xantung , 6c la rivière deQueì.
fes anciens Cette Province a eu jadis divers noms, selon les diversité des Rois ; par-fois on laN0> Tre des n0mm ^ ^ eu > Kj > & autrement* Elle a fous foy huit grandes Villes, que nous nom-rlìiesï " mons Métropolitaines, ou Capitales, 6c chacune d 1 celles commande à plusieursmoindres: De forte que chaque Ville pourroit avec raison porter le titre de Pro-vince. Outre les grandes Villes que vous remarqués dans la Table precedente, elleenferme encore plus de cent 6c trente Cités, qui font toutes bien murées j 6c cein-tes de bons fossés, fans un plus grand nombre de non murées, dont les Chinois nemarquent que bien peu de particularités dans leurs Livres, 6c dans leurs Cartes.
Elle a aussi trois Cités Militaires, 6c plusieurs Forteresses, dont nous parierons enson lieu.
Qualité du Son Territoire est fort aride, soc, 6c stérile, à cause d une infinité de plaines fa-terrotr. Monneufes. On y moissonne en quelques endroits du Mais, 6c du Froment, maissi peu de Ris, que ceux de la Cour n’en ont pas alsoz pour leur nourriture. Tout yabonde neantmoins en vivres, 6c en denrées, qui s y transportent continuellementde toutes les autres Provinces par un exprès commandement de 1 Empereur.
L» de r air. Quant à la température de l'air, elle y est tres-fai ne, 6c agréable ; il y fait toutes-
fois plus grand froid que i'élevation du Pôle ne semble le devoir permettre : Car àpeine est-elle à la hauteur du quarante-deuziéme degré. Les fleuves y sont telle-ment pris de glace, 6c si fort maçonnés U espace de quatre mois, que la glace peutaisément soutenir les chariots 6c les chevaux chargés de tres-lourds 5c tres-peíansfardeaux. La gelée commence au mois de Novembre » 6c.ne finit qu au commen-cement de Mars.
Naturel du Quant au peuple, il est plus mal propre ) plus niais, 6c plus ignorant qu'aucun au-t vl 's le ‘ tre, fur tout à apprendre les Arts 6c les bonnes Lettres ; au reste fort adroit à laguerre, comme sont tous les Chinois Septentrionaux : Si on les compare avec ceuxdu Midy, ceux-cy les surpassent en esprit, 6c civilité, mais les autres sont plus corpu-lens 6c plus robustes.
chariot de On a en cette Province une maniéré fort commode de voyager par terre : on sevoyage, sert d'un chariot qui n a qu une roué,fait en forte qu’il n’y a place au milieu que pourun homme, qui s’y tient comme s’il estoit à cheval, les autres deux fe tenans dechaque costé ; le charretier en derrière* pousse 6c fait avancer le chariot avec des le-viers de bois, avec autant de feureté que de vistesse. C’est peut-eftre de là que vien-nent les contes qui fe font que le vent y fait aller les chariots, 6c que ceux de la- Chine les conduisent fur la terre avec des voiles, comme les navires fur la mer : En-core que les plaines y puissent estre fort propres à telles entreprises, si est-ce que jen ay pas reconnu que cette derniere maniéré soit icy en vfage, quoy que je íçachequ elle fe pratique en d’autrcs Royaumes.
nombre des Les Registres qui contiennent le dénombrement de tout le peuple de cét Empi-bommes. re content dans cette Province 418989. Familles,6c Z452254. hommes, fans les Ma-Ta 'Ues an A^rats, 8oldats, 6c quelques autres.
nueiies. Le Tribut, qui fe paye annuellement à la Couronne consiste en 6011 y z. sacs de
ris,